KOMPLY
Ce projet vise à informer le public, les responsables gouvernementaux (le ministère ougandais de la Santé) et les organisations de la société civile (OSC) du niveau de respect de la loi interdisant totalement de fumer à l’intérieur des bars et restaurants de Kampala, en Ouganda, afin de faciliter et de permettre aux OSC de militer en faveur d’un meilleur respect de cette loi grâce au développement de ressources et d’outils de formation.
Contexte
L'article 8 de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) impose aux Parties d'adopter et de mettre en œuvre des mesures législatives et autres visant à protéger contre l'exposition à la fumée de tabac dans les lieux publics fermés, sur les lieux de travail, dans les transports publics et, le cas échéant, dans d'autres lieux publics.⁸ Conformément à la norme d'excellence en matière de législation antitabac, les salles fumeurs désignées ou les systèmes de ventilation ne sont pas autorisés, car seule l'interdiction totale de fumer dans tous les environnements fermés constitue une mesure efficace pour protéger la population contre les effets nocifs du tabagisme passif.
Avant l’adoption de la Convention-cadre, la mise en œuvre des politiques antitabac n’avait guère progressé, voire pas du tout. L’Atlas du tabac de 2002 indiquait qu’en 2000, aucun pays n’avait mis en place une loi antitabac exhaustive. Au contraire, les pays disposant d’une quelconque législation antitabac n’imposaient que des restrictions partielles et/ou facultatives sur le tabagisme dans certains lieux publics ou lieux de travail. L’adoption de la CCLAT a constitué un puissant catalyseur de progrès, car elle a mis en place le cadre nécessaire pour encourager les pays à aller de l’avant dans l’adoption de politiques de lutte contre le tabagisme. C’est ainsi que l’Irlande est devenue, le 29 mars 2004, le premier pays à interdire de fumer dans tous les lieux publics et lieux de travail, y compris les restaurants et les pubs. Par la suite, de nombreux pays signataires de la CCLAT ont emboîté le pas, à mesure que les ratifications se multipliaient et que des données scientifiques venaient étayer ces mesures. Entre 2005 et 2014, près de 50 pays (représentant 18 % de la population mondiale) ont adopté ou mis en œuvre une législation antitabac stricte à travers le monde.
L’ampleur de la réduction de la fumée dans les lieux publics est liée à la rigueur et à l’exhaustivité des politiques mises en œuvre au titre de l’article 8. Alors que 49 pays ont mis en place une législation antitabac au niveau le plus élevé possible (et conforme aux lignes directrices de l’article 8), et que de nombreux autres pays ont partiellement couvert certains lieux publics, beaucoup de pays présentent des lacunes en matière d’application et de respect de leurs lois antitabac. La région africaine, en particulier, est à la traîne par rapport à la plupart des autres régions du monde, tant en matière de mise en œuvre que de respect des lois antitabac. Il existe notamment certains lieux où l’exposition à la fumée est extrêmement élevée, tels que les bars et les restaurants. Par exemple, une étude menée au Kenya, en Zambie et à Maurice (qui portait sur un échantillon représentatif de 4 251 fumeurs) a révélé que la prévalence du tabagisme dans les bars était respectivement de 83 %, 70 % et 45 %, malgré l’existence d’une législation antitabac s’appliquant à ces établissements. En Ouganda, l’exposition à la fumée secondaire dans les bars et les restaurants a été estimée à 62 %. Étant donné que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI) tels que l’Ouganda, la législation antitabac est susceptible de souffrir d’une mauvaise mise en œuvre, de la corruption du secteur public et d’un faible respect des règles, la société civile et le monde universitaire ont potentiellement un rôle important à jouer dans le suivi du respect de la législation antitabac, notamment en surveillant la conformité et les niveaux de pollution de l’air.
Actuellement, la prévalence du tabagisme en Ouganda est de 10,3 % chez les hommes, de 1,8 % chez les femmes et de 5,8 % au total (0,9 million d’adultes).Bien que ce chiffre soit faible par rapport à d’autres pays, l’industrie du tabac s’est tournée vers l’Afrique et l’OMS prévoit que, si rien n’est fait pour enrayer cette tendance, le taux de tabagisme dans la région africaine ne fera qu’augmenter.16, 16 Le gouvernement ougandais a reconnu l’urgence de mettre en œuvre des mesures strictes de lutte contre le tabagisme et a adopté une nouvelle législation en 2015 dans le cadre de la loi de 2015 sur la lutte contre le tabagisme. La loi ougandaise de 2015 sur la lutte antitabac constitue un ensemble complet de réglementations comprenant : une interdiction totale de fumer dans les lieux publics fermés, sur les lieux de travail et dans les transports publics ; l’interdiction de fumer à moins de 50 mètres de tous les lieux publics ; des avertissements sanitaires illustrés, couvrant 65 % du paquet, afin d’informer le public des dangers du tabac ; l’interdiction de vendre des cigarettes aux personnes âgées de moins de 21 ans et de les vendre par celles-ci ; l’interdiction de la publicité, de la promotion et du parrainage en faveur du tabac (TAPS) ; l’obligation de ne pas exposer les paquets de cigarettes de manière visible dans les points de vente. La loi est censée être appliquée par des agents désignés par le gouvernement, notamment des agents de santé publique spécifiques en vertu de la loi sur la santé publique, des inspecteurs environnementaux de l’Autorité nationale de gestion de l’environnement (NEMA), des inspecteurs des normes du Bureau national des normes, des agents des douanes relevant de l’Autorité fiscale ougandaise, ainsi que d’autres personnes chargées de maintenir l’ordre public. Bien que la loi ait été adoptée en septembre 2015, elle entrera en vigueur en mai 2016 ; toutefois, un délai de six mois est prévu après son entrée en vigueur avant que son application ne devienne obligatoire (c’est-à-dire en novembre 2016).
Dans le cadre de ce projet, nous souhaitons recueillir des informations sur le niveau de respect de la loi antitabac dans les établissements d’accueil à haut risque, ainsi que sur les raisons pour lesquelles un établissement respecte ou non cette loi. À terme, notre projet vise à surveiller et à favoriser le respect de la loi antitabac en Ouganda, et à partager avec nos collègues africains les enseignements tirés sur la manière de militer en faveur de l’application des lois antitabac.
Objectifs spécifiques
Garantir le respect à 100 % de la nouvelle loi interdisant totalement de fumer dans les bars et restaurants de Kampala, en Ouganda. Communiquer le niveau de respect de la loi interdisant totalement de fumer à l’intérieur des bars et restaurants de Kampala, en Ouganda, au grand public, aux responsables gouvernementaux (ministère de la Santé ougandais) et aux organisations de la société civile (OSC), afin de faciliter et de permettre aux OSC de militer en faveur d’un meilleur respect de la loi anti-tabac grâce au développement de ressources et d’outils de renforcement des compétences. Ce projet comprendra également la formation des membres des équipes de trois autres pays d’Afrique (le Cameroun, le Nigeria et le Rwanda) afin que des mesures objectives des indicateurs indirects et des concentrations de PM2,5 puissent y être effectuées pour soutenir de futures initiatives.
- Évaluer le niveau de respect de la loi interdisant totalement de fumer à l’intérieur des bars et restaurants de Kampala, en Ouganda, en mesurant (1) les concentrations de PM2,5 dans l’air intérieur et (2) en recensant la présence ou l’absence de signalétique et d’autres indicateurs indirects de tabagisme dans une sélection de bars et restaurants, immédiatement après l’entrée en vigueur de la loi antitabac en mai 2016, puis à nouveau après la mise en œuvre des mesures coercitives prévues par la loi en novembre 2016.
- Examiner les facteurs contribuant au niveau de respect de la loi interdisant totalement de fumer dans les lieux clos (par exemple, la sensibilisation, les attitudes et le respect de la loi) chez les propriétaires, gérants et employés de bars et de restaurants.
- Former les trois membres de l'équipe KOMPLY originaires d'autres pays africains (Cameroun, Nigeria et Rwanda) à mesurer à la fois les indicateurs indirects du tabagisme et du non-respect des consignes, ainsi que la concentration en PM2,5 dans l'air intérieur.
Méthodologie
Des données objectives et subjectives concernant le respect de la loi antitabac seront collectées, compilées et utilisées pour dialoguer avec divers acteurs, tels que les pouvoirs publics, le grand public et les organisations de la société civile (OSC). Ces informations serviront à orienter les principaux acteurs sur les mesures qu’ils peuvent prendre pour améliorer le respect de la loi dans les établissements d’accueil. Plus précisément, les résultats devraient servir à sensibiliser les propriétaires d’établissements, les décideurs politiques, les employés et/ou le grand public à l’existence de la loi antitabac, à l’état actuel de son respect et aux mesures qu’ils peuvent prendre pour renforcer ce respect.
De plus, ce projet consistera à former les membres de notre équipe, originaires d’autres pays africains, aux méthodes de mesure de la qualité de l’air et d’autres indicateurs objectifs permettant de détecter les cas de non-respect de la réglementation, afin que chacun d’entre eux soit en mesure d’effectuer des mesures dans les lieux publics fermés. Ces données pourraient servir de preuves pour plaider en faveur de l’adoption de lois antitabac là où elles n’existent pas encore, et pour contrôler leur respect une fois ces lois mises en œuvre (ou pour renforcer les lois déjà en vigueur mais dont le respect laisse à désirer).
Nous avons l’intention de nouer un dialogue et de collaborer avec les organisations de la société civile ougandaises engagées dans la lutte contre le tabagisme afin d’identifier leurs besoins en matière de soutien à la mise en œuvre de la loi antitabac, et de concevoir conjointement des outils de plaidoyer contribuant à améliorer son respect. Nous axerons nos campagnes sur les messages clés issus de l’étude et les dirigerons vers les groupes que nous identifions comme essentiels à la réussite de la loi antitabac. Les outils de plaidoyer prendront la forme des supports médiatiques les mieux adaptés à notre public cible. Parmi les exemples potentiels de tels outils, on peut citer une campagne sur les réseaux sociaux destinée aux jeunes fumeurs et à leurs pairs, une campagne d’affichage « Merci de ne pas fumer » dans les bars et restaurants, une campagne de sensibilisation du public utilisant des graffitis muraux « 100 % sans tabac » dans les centres-villes, des logos stylisés « Sans tabac » pour les bars et restaurants respectant la loi, ainsi que des sessions de formation vidéo à l’intention des agents des forces de l’ordre présentant les messages clés de la loi.
L'identification des OSC sera effectuée dans le cadre de l'exercice de cartographie des parties prenantes ; toutefois, parmi les OSC susceptibles d'être concernées figurent : l'Alliance ougandaise pour la communication en matière de santé, l'Organisation nationale ougandaise des consommateurs, Text to Change, le Forum parlementaire sur les MNT et l'Alliance nationale ougandaise pour la lutte contre le tabagisme. Les OSC peuvent s'appuyer sur les résultats du projet pour élaborer des messages de sensibilisation destinés au grand public, aux propriétaires de restaurants et de bars, ainsi qu'aux décideurs politiques. Ces messages seront diffusés via des plateformes telles que les réseaux sociaux, les points presse, la télévision, la radio et lors de réunions.
Plan de diffusion et de publication
Livrables
- Recenser les principales parties prenantes et identifier les acteurs susceptibles de jouer un rôle moteur pour renforcer la mise en œuvre et la promotion de ces mesures.
- Mettre en place un groupe de travail composé de représentants des principales organisations de la société civile, organiser des réunions avec ces dernières afin d’élaborer des outils de plaidoyer s’appuyant sur leurs contributions (et les données issues des entretiens), dans le but de les aider à communiquer sur l’état de mise en œuvre de la loi de 2016 sur l’interdiction de fumer dans les établissements d’accueil, ainsi que sur les moyens de faciliter la communication pour une meilleure application de la loi, et concevoir des outils de plaidoyer médiatique en partenariat avec ces organisations.
Plan de diffusion et de publication
Nous travaillerons avec les principales parties prenantes et les acteurs clés à l'élaboration d'un plan de diffusion et de communication comprenant des activités telles que
- Organiser une conférence de presse réunissant des représentants du gouvernement et des organisations de la société civile, axée sur la santé et la lutte contre le tabagisme, ainsi que des responsables de la lutte contre le tabagisme (en particulier les autorités chargées de faire respecter la législation).
- Rédiger et soumettre un article à une revue spécialisée en santé publique en vue de sa publication.
- Diffuser un communiqué de presse dans les médias nationaux à l'intention du grand public, notamment des propriétaires, gérants et employés de bars et de restaurants.
- Rédiger et soumettre un rapport scientifique, puis l'envoyer directement au service gouvernemental chargé de la lutte antitabac et de la santé, ainsi qu'aux organisations de la société civile partenaires concernées
- Concevoir et élaborer une fiche d'information destinée à tous les établissements participants, mettant en avant les conclusions du projet concernant le respect de la loi antitabac au sein des établissements du secteur de l'hôtellerie-restauration participants. Cette fiche d'information sera conçue de manière créative afin d'attirer l'attention des propriétaires de ces établissements. Elle comprendra également des suggestions sur la manière dont ils peuvent contribuer à renforcer le respect de la loi antitabac au sein de leur établissement respectif.
L'équipe
Shannon Gravely est titulaire d'un doctorat de l'université York, à Toronto (Canada), obtenu au sein du département de kinésiologie et des sciences de la santé de la faculté de santé. Elle a par ailleurs effectué un stage postdoctoral au Centre des sciences de la santé de l'université de Stony Brook, à Stony Brook (New York, États-Unis). Au cours de ses dix premières années de recherche postdoctorale et professionnelle, elle a travaillé dans le domaine de la médecine comportementale cardiovasculaire. Shannon a rejoint l’équipe de l’International Tobacco Control Evaluation Project (ITC) en 2013 en tant que chercheuse scientifique, puis a été nommée professeure assistante de recherche en 2015. Au sein de l’équipe ITC, elle est principalement chargée de l’analyse, de l’interprétation et de la rédaction de publications scientifiques et de présentations portant sur les données du projet ITC. Elle participe à l’élaboration et à la mise en œuvre d’études de recherche s’appuyant sur les données de plusieurs projets de l’ITC, notamment en se concentrant sur les cigarettes électroniques et les produits à base de nicotine vaporisée (VNPs) par le biais d’analyses transversales et longitudinales, ainsi qu’à la mesure et au suivi de l’impact psychosocial et comportemental actuel (efficacité) des politiques en vigueur (ou de l’absence de politiques) dans chacun des domaines de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), et, lorsque des politiques sont mises en œuvre, à mener une évaluation rigoureuse de leur impact au fil du temps. De manière générale, Shannon participe à l’analyse, à l’interprétation, à la rédaction et à la diffusion des résultats de ces importantes études mondiales sur la lutte antitabac et à leur rôle essentiel dans l’évaluation des politiques et la mobilisation en faveur de la prévention des maladies chroniques. Shannon est actuellement titulaire d’une bourse de développement de carrière de trois ans de la Société canadienne du cancer dans le domaine de la prévention.
Jean Christophe, homme de 27 ans, médecin, fondateur de Healthy People Rwanda et responsable financier de l’Alliance internationale des jeunes pour la planification familiale depuis sa création en 2013. Il a été l’un des lauréats du prix de la Journée mondiale sans tabac de l’OMS en 2013 et a remporté le prix « Stars in Global Health » décerné par Grand Challenges Canada la même année. Membre de l’Association des étudiants en médecine du Rwanda (MEDSAR) depuis 2008, il a consacré l’essentiel de son action à l’éducation à la santé, en particulier dans les domaines du tabagisme, des maladies non transmissibles et de la santé sexuelle. En 2010, il a été élu directeur de la commission permanente de santé publique de la MEDSAR. Avec une équipe de l’université George Washington, il a lancé le programme de soins de santé maternelle et infantile dans deux centres de santé du district de Huye, venant en aide à 256 mères dont les enfants souffraient de malnutrition. En 2011, il a lancé le Projet rwandais d’éducation à la santé, axé sur l’éducation à la santé reproductive des jeunes et des habitants des villages des provinces du sud et de la ville de Kigali, qui a touché plus de 7 640 jeunes en deux ans. Il a été coordinateur du Réseau des organisations de jeunesse rwandaises, organisant les première et deuxième expositions nationales des organisations de jeunesse. En 2013, il a fondé le groupe Medfoster et lancé la plateforme d’enseignement médical en ligne www.medfoster.com ; il a également collaboré avec l’Institut de technologie de Rochester et l’Université du Rwanda afin de développer davantage des technologies interactives centrées sur l’utilisateur pour l’enseignement médical.
Au sein du Centre pour la lutte antitabac en Afrique, Kellen a notamment pour mission de fournir des conseils techniques en matière de suivi et d’évaluation aux dix pays africains ciblés dans le cadre de la lutte antitabac. Elle possède plus de dix ans d’expérience dans le domaine de la santé publique, axée sur la conception et la gestion de projets, le suivi et l’évaluation, ainsi que le développement organisationnel, y compris le renforcement des systèmes. Parmi ses réalisations figurent la conception et la mise en œuvre de projets, la mise en place de cadres et de systèmes de suivi et d’évaluation, l’élaboration de stratégies de plaidoyer et de communication, l’élaboration de plans stratégiques, le renforcement des capacités et la recherche. Les priorités de recherche de Kellen portent notamment sur le renforcement des systèmes de santé et la recherche en matière de politiques de santé.
Kellen est titulaire d'un master en sciences, spécialité « Population et santé reproductive », de l'université Makerere de Kampala (Ouganda), et a suivi une formation de deux ans en gestion du VIH/sida dispensée conjointement par l'université Makerere et le CDC.
Après avoir obtenu une licence en psychologie et acquis plusieurs années d’expérience en tant que conseillère en promotion de la santé mentale, Lindsay a décidé de suivre un master en santé publique (MPH) et en est aujourd’hui aux dernières étapes de son doctorat. Basée à l’université d’Otago en Nouvelle-Zélande (NZ), Lindsay consacre sa thèse à l’étude des différentes politiques de vente au détail du tabac qui pourraient être mises en place en Nouvelle-Zélande afin de modifier les modalités de commercialisation de ce produit. À l’heure actuelle, en Nouvelle-Zélande, le tabac est vendu presque partout et, contrairement à l’alcool, les détaillants n’ont pas besoin de licence pour le vendre. Après avoir étudié les politiques de vente au détail du tabac mises en place dans d’autres pays, Lindsay a pris conscience de l’importance de la recherche pour influencer les politiques publiques, mais aussi du rôle crucial des mesures politiques dans la lutte contre les inégalités. La passion de Lindsay pour son travail découle de son désir d’œuvrer dans un domaine qui met l’accent sur la justice sociale et la réduction des inégalités. Lindsay espère que ses travaux seront utilisés dans le cadre d’actions de plaidoyer, afin d’encourager le gouvernement à adopter des politiques visant à mieux réglementer le secteur de la vente au détail du tabac.
Elvis Ndikum Achiri est originaire de la région du Nord-Ouest du Cameroun. Il a obtenu en 2010 une licence en biologie animale et physiologie à l’Université de Yaoundé I, l’université nationale du Cameroun. Il travaille actuellement au sein de la Coalition camerounaise de lutte contre le tabac (C3T) en tant que chargé de campagne, où il milite en faveur de l’adoption d’une loi stricte de lutte contre le tabagisme au Cameroun. Il est également représentant de la région africaine au sein de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, et a représenté la jeunesse de la société civile camerounaise lors de la 16e Conférence mondiale sur le tabac et la santé (WCTOH 2015). Elvis est le fondateur et président de l’Association pour la promotion du leadership, du plaidoyer et du bénévolat des jeunes (APYLAV Cameroun), créée en 2014 avec pour objectif de promouvoir la paix et l’éradication de la pauvreté chez les jeunes. Il a également lancé une pétition sur CAUSES.COM intitulée « PLUS JAMAIS DE TABAC AU CAMEROUN ». Le Global Asthma Network l’a désigné comme chercheur principal pour mener une étude de terrain à Yaoundé, au Cameroun, sur la surveillance mondiale : prévalence, gravité, prise en charge et facteurs de risque. L’objectif est de parvenir à « un monde où personne ne souffre d’asthme ».
Le Dr Adeniyi Oginni est médecin de santé publique et médecin-chef au sein du Conseil d’administration des hôpitaux de l’État d’Osun, à Osogbo, au Nigeria. Il a suivi sa formation de médecine générale à l’université Obafemi Awolowo, à Ile-Ife (Nigeria), puis a obtenu un master en santé publique à l’université d’Ibadan (Nigeria) dans le cadre d’une bourse de l’Organisation mondiale de la santé. Il termine actuellement son doctorat en écologie et sciences de l'environnement à l'Institut d'écologie et d'études environnementales de l'université Obafemi Awolowo, à Ile-Ife. Ses recherches portent sur les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires et respiratoires, la sensibilisation et la transposition des résultats de la recherche vers la pratique. Il évalue actuellement les effets de la fusion des métaux sur certains indicateurs de santé humaine liés à l'environnement dans l'État d'Osun.
M. Kelvin Khow travaille depuis plus de 12 ans au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), où il a occupé diverses fonctions. Il est actuellement coordinateur par intérim du programme « Initiative pour un monde sans tabac » au sein de la Division des maladies non transmissibles et de la santé tout au long de la vie (DNH) du Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, basé à Manille, aux Philippines. Auparavant, il était responsable de la gestion des programmes au sein de la Division DNH. Avant cela, il travaillait au bureau national de l’OMS en Irak sur la réforme du secteur de la santé et la coordination avec les Nations unies et les bailleurs de fonds, et, auparavant, au siège de l’OMS à Genève, en Suisse, sur les questions de santé mentale et de toxicomanie, ainsi que sur le soutien aux pays. Les principaux domaines d’intérêt de Kelvin comprennent la promotion de la santé, le renforcement des capacités de leadership et la lutte antitabac ; il s’implique activement pour aider les pays de la région à renforcer leurs politiques et mesures de lutte antitabac, ainsi que pour plaider en faveur d’un financement durable afin d’accroître les investissements dans la prévention des maladies non transmissibles. Kelvin a étudié à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, à l’université du Michigan (États-Unis) et à l’université de Melbourne (Australie).
Andrii Skipalskyi est président du conseil d'administration du Centre de plaidoyer LIFE, une organisation non gouvernementale à but non lucratif qui apporte son expertise en matière de plaidoyer et de lutte contre le tabagisme en Ukraine et dans la région d'Europe de l'Est.
En reconnaissance de ses réalisations personnelles et collectives, Andrii s'est vu décerner, en mai 2015, le prix Judy Wilkenfeld pour l'excellence en matière de lutte internationale contre le tabagisme par l'association « Campaign for Tobacco Free Kids » et, au nom de l'équipe LIFE, le prix Bloomberg pour la lutte mondiale contre le tabagisme en mars 2015. Par ailleurs, M. Skipalskyi est devenu boursier de la Fondation Eurasia dans le cadre du programme « Innovations en matière de plaidoyer et de santé publique » en décembre 2014.
Andrii travaille avec LIFE depuis 2010, apportant son expertise en matière de gestion globale et de plaidoyer au projet « Smoke Free Ukraine », financé par la Campaign for Tobacco Free Kids. Andrii publie également régulièrement des articles dans la presse nationale sur les ingérences de l’industrie du tabac, la lutte antitabac et le plaidoyer auprès du public. Grâce à un plaidoyer efficace en faveur de la lutte antitabac, la prévalence du tabagisme a chuté de 12 % depuis 2006, faisant passer l’Ukraine de la 4e place (en 2006) à la 24e place du classement des pays présentant le taux de tabagisme le plus élevé, selon le rapport de l’OMS. Auparavant, Andrii avait travaillé depuis 2000 sur des projets internationaux d’assistance technique dans les domaines des investissements sociaux, du plaidoyer, de la lutte contre la corruption et du développement des médias.
Le Centre de plaidoyer « LIFE » assure le secrétariat et fait office de centre de ressources pour la Coalition pour une Ukraine sans tabac, qui regroupe plus de 100 organisations, et gère un centre de presse dédié à la lutte antitabac, en lien avec plus de 200 médias nationaux et régionaux.
Socrates est médecin et réalisateur de documentaires, spécialisé dans la production de contenus médiatiques à impact social. Il occupe le poste de producteur principal aux Nations Unies, où il supervise les expériences de réalité virtuelle, et a récemment produit « Clouds Over Sidra », qui traite de la vie dans un camp de réfugiés syriens, ainsi que « Waves of Grace », l’histoire d’un survivant d’Ebola au Libéria. Ses œuvres ont été présentées dans des festivals de cinéma tels que Sundance, Tribeca et l’IDFA, et ont remporté le prix Interactive Award 2015 au Sheffield Doc/Fest. Socrates est interne en cardiologie à New York et chercheur ayant publié des travaux sur la santé publique dans les communautés défavorisées. Ces travaux portent notamment sur l’étude de l’impact des médias sur les comportements en matière de santé.