Alejandro Ramos Carbajales
Membres hors catégorie
Je considère ma candidature au poste de membre ordinaire de la WHF et ma sélection éventuelle pour la période 2023-2024 non seulement comme un honneur, mais aussi comme une étape clé dans mon engagement en faveur de la prévention et de la lutte contre les maladies cardiovasculaires (MCV) et d’autres maladies chroniques.
Ma contribution, sous l'angle économique, peut s'avérer utile, compte tenu des problèmes liés à la rareté des ressources auxquels tous les pays sont confrontés, des inégalités en matière de prévention des maladies et d'accès aux soins de santé, ainsi que de la nécessité d'évaluer les décisions relatives aux risques sanitaires et aux traitements d'un point de vue économique et en termes de rapport coût-efficacité.
Je suis économiste et j'exerce dans le secteur de la santé depuis 40 ans. J'ai participé à l'élaboration de politiques de santé, à la réforme de l'assurance maladie et à la mise en place de mesures de maîtrise des coûts en tant que conseiller auprès de deux ministres lorsque je travaillais au ministère de la Santé en Uruguay. Par la suite, j'ai exercé des missions de conseil dans ces domaines pour la Banque interaméricaine de développement dans plusieurs pays d'Amérique latine.
Au cours de mes activités, j'ai appris à relever les nombreux défis liés à l'approche économique du secteur de la santé et à faire preuve d'initiative dans le cadre du travail d'équipe.
Au cours des 20 dernières années, j’ai axé mes travaux de recherche et de plaidoyer sur la lutte antitabac, la fiscalité du tabac et le commerce illicite dans la région d’Amérique latine. Cependant, j’ai également participé à des projets de recherche adoptant une perspective plus large sur les maladies cardiovasculaires et les maladies non transmissibles (MNT). En 2017, j’ai dirigé une enquête et une analyse des risques liés aux MNT et des politiques en la matière dans 12 pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Cette étude a consisté à mener des enquêtes, à organiser des débats et à formuler des recommandations, du point de vue de la société civile, sur les changements à apporter aux dispositifs institutionnels, l’analyse des lacunes en matière de soins, la disponibilité et le prix des médicaments, l’accès aux soins de santé et les problèmes d’équité, etc. Ce type de travail contribue grandement à identifier les lacunes et les faiblesses des politiques visant à atteindre les objectifs de développement durable dans notre région.
Je dispose également d’une expérience dans le domaine des activités et de la gouvernance des ONG. J’ai été membre du conseil d’administration de la Framework Convention Alliance (2015-2019) en tant que représentante de l’AMRO (région des Amériques) et de la Fondation interaméricaine du cœur en Argentine (2017-2019). Ces deux fonctions m’ont permis d’acquérir de l’expérience face aux défis rencontrés par les organisations de la société civile et à leur besoin d’améliorer les stratégies en matière de politique de santé publique.
Les maladies cardiovasculaires et les maladies non transmissibles constituent le principal problème de santé à long terme dans la plupart des sociétés, tant en termes de décès que d’invalidités et de coûts supportés par la société pour y faire face. Les soins liés aux maladies non transmissibles représentent la plus grande part des dépenses de santé dans la plupart des pays.
Les gouvernements se sont engagés à faire de la lutte contre les MNT et leurs facteurs de risque associés une priorité (réunions de haut niveau des Nations unies sur les MNT de 2011, 2014 et 2018). Il s’agit là d’un défi considérable, car de nombreux pays doivent accroître leurs dépenses en matière de prévention des risques sanitaires. Les organisations de la société civile doivent collaborer plus étroitement avec les gouvernements, mobiliser les défenseurs de cette cause et le monde universitaire, en particulier les associations médicales et de patients. La Fondation mondiale pour le cœur (WHF) a un rôle clé à jouer à cet égard.