Rapport mondial sur le cœur 2024

RAPPORT MONDIAL SUR LE CŒUR 2024

ASSAINIR L'AIR POUR LUTTER CONTRE LA CRISE SANITAIRE CARDIOVASCULAIRE LIÉE À LA POLLUTION

1. RÉSUMÉ

TOUT LE MONDE EST EXPOSÉ À LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE TOUT AU LONG DE SA VIE, QUEL QUE SOIT L'ENDROIT OÙ IL VIT DANS LE MONDE. SES CONSÉQUENCES SONT CONSIDÉRABLES : ELLES PEUVENT ALLER DE LA PROVOCATION ET DE L'AGRAVATION DE PROBLÈMES DE SANTÉ JUSQU'AU DÉCÈS.

En 2019, près de 7 millions de décès ont été attribués à la pollution atmosphérique.

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À elles deux, la pollution atmosphérique ambiante et la pollution de l'air intérieur causent plus de décès que toutes les guerres, le paludisme, la tuberculose, le VIH et les autres maladies infectieuses réunis.

L’exposition à la pollution atmosphérique est liée à l’aggravation de toutes les principales maladies cardiovasculaires (MCV). Près de 70 % des 4,2 millions de décès attribués à la pollution atmosphérique en 2019 étaient dus à des affections cardiovasculaires, notamment les cardiopathies ischémiques (1,9 million de décès) et les accidents vasculaires cérébraux (900 000 décès).

Sur les 3,2 millions de décès attribués à la pollution de l’air intérieur en 2019, 1 million étaient dus à des cardiopathies ischémiques et 700 000 à des accidents vasculaires cérébraux. À l’échelle mondiale, 22 % des décès dus à une cardiopathie ischémique et 15 % des décès dus à un AVC étaient imputables à la pollution atmosphérique en 2019.

L’omniprésence de l’exposition à la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé cardiovasculaire constituent un défi colossal pour la santé mondiale. Derrière le tableau global de la pollution atmosphérique et des maladies cardiovasculaires se cache une réalité marquée par d’importantes disparités régionales et nationales. Comme dans de nombreux autres domaines de la santé, les pays à faibles revenus supportent un fardeau disproportionné.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 2 milliards de personnes dans le monde continuent de recourir à des combustibles polluants, tels que le bois, le charbon, les résidus de culture ou le charbon de bois, associés à des fourneaux inefficaces pour cuisiner.

Malgré la prise de conscience des méfaits de la pollution atmosphérique, les niveaux de concentration en particules fines (PM) 2,5 — le principal polluant pour la santé humaine — n’ont baissé globalement que de 1 % par an entre 2010 et 2019. Les niveaux mondiaux sont restés à un niveau alarmant de 31,7 µg/m³ en 2019, bien au-dessus de la valeur de référence de 5µg/m³ recommandée par l’OMS pour 2021 en matière de qualité de l’air.

Lisez ici l'intégralité du résumé.

UN BESOIN URGENT DE STRATÉGIES GLOBALES

De nombreuses mesures de lutte contre la pollution atmosphérique contribueront également à faire face à la crise climatique, et les avantages pour la santé découlant de la réduction de la pollution atmosphérique l'emportent largement sur les coûts économiques nécessaires à leur mise en œuvre.

PLUS DE 2 MILLIARDS DE PERSONNES DANS LE MONDE DÉPENDENT ENCORE DE COMBUSTIBLES POLLUANTS
PRÈS DE 7 MILLIONS DE DÉCÈS DUS À LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE
LE PRÉSENT RAPPORT FORMULE LES RECOMMANDATIONS CLÉS SUIVANTES :
  • Tous les pays doivent adopter les nouvelles recommandations mondiales de l'OMS en matière de qualité de l'air.
  • La WHF soutient la mise en œuvre d'un traité mondial de non-prolifération des combustibles fossiles.
  • Les pays et les organismes techniques, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), devraient de toute urgence améliorer la surveillance et la modélisation de la pollution atmosphérique là où des lacunes existent.
  • Les pays doivent veiller à accroître le financement consacré à la recherche multidisciplinaire sur la pollution atmosphérique et aux innovations technologiques afin d'améliorer la qualité de l'air et d'élaborer des stratégies visant à mettre en œuvre des mesures de réduction de la pollution atmosphérique.
  • Il convient de mener des études supplémentaires sur les effets cardiovasculaires de la pollution atmosphérique et sur les liens entre les maladies cardiovasculaires et la pollution atmosphérique ambiante et domestique, ainsi que sur le rôle du système cardiovasculaire dans les pathologies touchant d'autres organes.

2. INTRODUCTION

La pollution atmosphérique — dont les effets néfastes sur la plupart des organes du corps ont été démontrés — est le sixième facteur de risque de mortalité au niveau mondial, le septième en termes d’années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY)* et le premier facteur de risque environnemental de mauvaise santé et de décès [1].
‍Les répercussions de la pollution atmosphérique sur la santé cardiovasculaire sont considérables, l’exposition à celle-ci étant associée à l’aggravation de toutes les principales maladies cardiovasculaires, notamment la cardiopathie ischémique et les accidents vasculaires cérébraux.

* Un DALY correspond à la perte de l'équivalent d'une année de pleine santé. Les DALY associés à une maladie ou à un état de santé correspondent à la somme des années de vie perdues (YLL) dues à la mortalité prématurée et des années vécues avec un handicap (YLD) dues aux cas de cette maladie ou de cet état de santé présents dans une population.
Exemple de légende

EN SAVOIR PLUS

La Banque mondiale estime que le coût mondial des dommages sanitaires liés à l'exposition à la pollution atmosphérique s'élève à 8 100 milliards de dollars américains, soit 6,1 % du PIB mondial, et entraîne la perte de 1,2 milliard de jours de travail par an [2]. Selon les prévisions, les coûts mondiaux des soins de santé liés à la pollution atmosphérique devraient passer de 21 milliards de dollars américains en 2015 à 176 milliards de dollars américains en 2060 [3].

Lisez l'intégralité de l'introduction ici.

Ce deuxième Rapport mondial sur le cœur (WHR) vise à fournir aux décideurs politiques et aux défenseurs de la santé du monde entier une analyse synthétique des interactions entre la pollution atmosphérique et les maladies cardiovasculaires, dans le but d’identifier les domaines dans lesquels des mesures concrètes peuvent être prises pour atténuer les effets néfastes de la pollution atmosphérique non seulement sur la santé cardiovasculaire, mais aussi sur la santé en général.

3. NIVEAUX ET TENDANCES MONDIALES DE LA POLLUTION DE L'AIR AMBIANT

DE 2010 À 2019, LES NIVEAUXMONDI AUX DE PM2,5 SONT RESTÉS LARGEMENT STABLES (FIGURE 2), AVEC UNE BAISSE ANNUELLE DE 1 % (DE 35,3µg/m³ EN 2010 À 31,7µg/m³ EN 2019).
C'EST EN EUROPE QUELA PLUS FORTEBAISSE DES PM2,5 A ÉTÉ ENREGISTRÉE (VARIATION ANNUELLE MOYENNE DE 2,1 %).
LES NIVEAUXDE PM2,5 ONT AUGMENTÉ DE 0,3 % PAR AN EN AFRIQUE.
SEULS 14 % DES PAYS ONT ENREGISTRÉ DES BAISSES IMPORTANTES (COMPRISES ENTRE 5µg/m³ ET 10µg/m³) ENTRE 2010 ET 2019, TANDIS QUE LES AUTRES N'ONT CONSTATÉ AUCUN CHANGEMENT OU ONT ENREGISTRÉ DES HAUSSES.
LES BAISSES RELATIVES LES PLUS IMPORTANTES ONT ÉTÉ OBSERVÉES DANS LA PLUPART DES PAYS EUROPÉENS.
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 2 - Évolution des concentrations annuelles moyennesde PM2,5 par région de l'OMS, 2010-2019. Source : https://www.who.int/data/gho/data/indicators/indicator-details/GHO/concentrations-of-fine-particulate-matter-(pm2-5)
LES HAUSSES RELATIVES LES PLUS IMPORTANTES ONT ÉTÉ ENREGISTRÉES EN ANGOLA (12,2 %), AU CAP-VERT (10,3 %), AU LIBÉRIA (8,9 %), EN SIERRA LEONE (8,5 %) ET À PALAU (8,2 %).
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 2.1 - Évolution des concentrations annuelles moyennesde PM2,5 par région de l'OMS, 2010-2019. Source : https://www.who.int/data/gho/data/indicators/indicator-details/GHO/concentrations-of-fine-particulate-matter-(pm2-5)

Tous les pays des régions Europe et Asie du Sud-Est ont connu une baisse des niveauxde PM2,5 entre 2010 et 2019, tandis que 60 % des pays d’Afrique ont enregistré une hausse. Dans les régions de la Méditerranée orientale, des Amériques et du Pacifique occidental, respectivement 36 %, 43 % et 45 % des pays ont enregistré une augmentation du niveau de concentrationen PM2,5.
En 2019 — date à laquelle remontent les données les plus récentes de l’OMS —, aucun pays au monde ne présentait de concentrationsde PM2,5 inférieures à ce seuil.

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Les concentrations moyennes annuellesde PM2,5 les plus élevées ont été enregistrées dans les pays du Sud, les valeurs les plus élevées ayant été observées au Koweït (64,1µg/m³; intervalle de confiance [IC] 55,7-72,5), en Égypte (63,2 µg/m³; IC 40,4-92,3) et en Afghanistan (62,5µg/m³; IC 45,0-86,5). Les pays présentant les concentrations de PM2,5 les plus faibles étaient les Bahamas (5,2 µg/m³; IC : 3,8-7,1), la Finlande (5,5µg/m³; IC : 5,2-5,8), l’Islande (5,8µg/m³; IC : 5,1-6,5) et la Suède (6,0µg/m³; IC : 5,7-6,2).

Pour consulter l'intégralité des conclusions sur les niveaux et les tendances mondiaux de la pollution de l'air ambiant, cliquez ici.
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 3 - Évolution des concentrationsde PM2,5 entre 2010 et 2019 (pays sélectionnés ; données globales et au niveau des villes). Source : https://www.who.int/data/gho/data/indicators/indicator-details/GHO/concentrations-of-fine-particulate-matter-(pm2-5)

AUCUN PAYS DES RÉGIONS D'AFRIQUE, DE LA MÉDITERRANÉE ORIENTALE OU DE L'ASIE DU SUD-EST N'A ENREGISTRÉ DE CONCENTRATION ANNUELLE MOYENNEDE PM2,5 INFÉRIEURE À 10 µg/m³.

Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
TABLEAU 1 - Niveauxde PM2,5: les trois pays présentant les niveaux les plus bas et les plus élevés par région de l'OMS (2019). Source : https://www.who.int/data/gho/data/indicators/indicator-details/GHO/concentrations-of-fine-particulate-matter-(pm2-5)

4. POLLUTION DE L'AIR EXTÉRIEUR ET SANTÉ

La pollution atmosphérique est actuellement le sixième facteur de risque de mortalité au niveau mondial, le septième en termes d'AVCI, et le premier facteur de risque environnemental.

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En 2019, la pollution atmosphérique a causé 4,2 millions de décès et plus de 100,4 millions d'AVCI. Le nombre de décès a augmenté de près de 140 000 par rapport à celui enregistré en 2010, une hausse principalement due aux régions de l’Asie du Sud-Est (152 000 décès supplémentaires), du Pacifique occidental (64 000 décès supplémentaires) et de la Méditerranée orientale (47 000 décès supplémentaires). L’Europe a enregistré plus de 135 000 décès de moins en 2019 par rapport à 2010. Les recherches menées au cours de la dernière décennie ont mis en évidence des liens entre les polluants atmosphériques et l’état de la plupart des organes du corps. [11]

Pour consulter l'intégralité des conclusions concernant la pollution de l'air ambiant et la santé, cliquez ici.
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 6 - Nombre de décès (encadré de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (décès pour 100 000 habitants) (encadré de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et pour les régions de l'OMS. Source : Observatoire mondial de la santé de l'OMS

POLLUTION DE L'AIR EXTÉRIEUR ET SANTÉ CARDIOVASCULAIRE

Il existe une abondante littérature établissant un lien entre la pollution atmosphérique et la plupart des maladies cardiovasculaires, la plupart des études ayant été menées dans des pays à revenu élevé [13]. Les données provenant des pays à revenu faible ou intermédiaire sont limitées. Les affections cardiovasculaires liées à la pollution atmosphérique comprennent :

• Cardiopathie ischémique/maladie coronarienne
• Maladie cérébrovasculaire
• Accident vasculaire cérébral
• Insuffisance cardiaque
• Arythmie cardiaque et arrêt cardiaque
• Thromboembolie veineuse et maladie artérielle périphérique, telle que l’hypertension pulmonaire
• Cardiomyopathie dilatée
• Cardiopathie congénitale
• Hypertension pulmonaire

DES PROGRÈS CONSIDÉRABLES ONT ÉTÉ RÉALISÉS DANS LA MISE EN ÉVIDENCE DES EFFETS NÉGATIFS DE LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE SUR LE SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE*, CES EFFETS COMPRENANT NOTAMMENT :

• Dysfonctionnement endothélial
• Apparition d’un stress oxydatif
• Perte de biodisponibilité de l’oxyde nitrique d’origine endothéliale
• Augmentation des médiateurs vasoconstricteurs circulants
• Activation plaquettaire
• Altération de la fibrinolyse
• Inflammation des cellules endothéliales
• Activation des voies inflammatoires dans les cellules endothéliales
• Nouvelles données concernant des voies telles que les modifications épigénétiques, les microARN circulants et les modifications des populations de cellules souches circulantes

Il a également été démontré qu’une exposition à long terme à la pollution atmosphérique accélère l’athérosclérose (rétrécissement des artères) et favorise l’instabilité des plaques.

*[14] (FIGURE 8)
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 8 - Mécanisme par lequel la pollution atmosphérique entraîne une morbidité et une mortalité cardiovasculaires
LA PLUPART DES MÉTA-ANALYSES À GRANDE ÉCHELLE MONTRENT DES LIENS CLAIRS ENTRE L'EXPOSITION AUX POLLUANTS ATMOSPHÉRIQUES, TANT À COURT TERME QU'À LONG TERME, ET UNE AUGMENTATION DU RISQUE DE MALADIES CARDIOVASCULAIRES.

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Dans de nombreux cas, diverses maladies cardiovasculaires sont associées à plusieurs polluants. Même si les estimations des risques liés à des polluants étroitement apparentés peuvent se recouper dans une certaine mesure, les mélanges de polluants atmosphériques aggraveront ces risques.

Pour consulter l'intégralité des conclusions concernant la pollution de l'air intérieur et les maladies cardiovasculaires, cliquez ici.
MORTALITÉ ET MORBIDITÉ CARDIOVASCULAIRES IMPUTABLES À LA POLLUTION DE L'AIR EXTÉRIEUR
Le nombre mondial de décès par AVC attribuables à la pollution atmosphérique n’a augmenté que de 1 % entre 2010 et 2019, avec toutefois d’importantes variations régionales. Des hausses ont été observées dans les régions d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et de la Méditerranée orientale au cours de cette période, tandis que l’Europe a connu une baisse de 25,3 % et que les régions des Amériques et du Pacifique occidental ont enregistré des baisses moins marquées. Les taux de mortalité par AVC, standardisés selon l’âge et imputables à la pollution atmosphérique, ont diminué dans toutes les régions entre 2010 et 2019, les régions de la Méditerranée orientale, de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est enregistrant une baisse annuelle moyenne d’environ 1 %. Les autres régions ont connu des baisses annuelles moyennes comprises entre 2,6 % et 3,3 % (figure 11). Il n’existe pas de différence significative entre les hommes et les femmes dans la répartition régionale des décès par cardiopathie ischémique attribuables à la pollution atmosphérique, sauf dans la région Europe, où la proportion de décès par cardiopathie ischémique chez les femmes était plus élevée (22,5 %) que chez les hommes (17 %) (figure 12).

En ce qui concerne les décès par accident vasculaire cérébral (AVC) attribuables à la pollution atmosphérique, près de 50 % du total des décès masculins à l’échelle mondiale se sont produits dans la région du Pacifique occidental, contre 40 % du total des décès féminins à l’échelle mondiale. Comme pour les cardiopathies ischémiques, la proportion de la mortalité féminine par AVC attribuable à la pollution atmosphérique dans la région Europe était plus élevée que chez les hommes (13,4 % contre 8,8 %)*.
‍*Il convient de noterque ces estimations de la charge de morbidité, issues d'une étude à l'échelle écologique, ne tiendraient pas compte des différences d'exposition à la pollution atmosphérique entre les sexes résultant de différences de comportement et de lieu de présence tout au long de la journée (c'est-à-dire que l'exposition à la pollution atmosphérique serait la même pour les hommes et les femmes).
FIGURE 11 - Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS. Source : Observatoire mondial de la santé de l'OMS
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 17 - Taux de mortalité par cardiopathie ischémique (décès pour 100 000 habitants), standardisés selon l'âge, attribuables à la pollution de l'air intérieur pour les deux sexes, 2019 (OMS)

5. POLLUTION DE L'AIR INTÉRIEUR ETMALADIES CARDIOVASCULAIRES

Pollution de l'air intérieur et maladies cardiovasculaires
L'exposition à la pollution de l'air intérieur figure parmi les dix principaux facteurs de risque de maladie, les communautés les plus pauvres des pays à revenu faible ou intermédiaire étant les plus touchées [1].

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Selon des estimations de 2019, la pollution de l’air intérieur aurait contribué à 3,2 millions de décès par an.

Plus de la moitié de ces 3,2 millions de décès étaient dus à des maladies cardiovasculaires, dont 1 million à une cardiopathie ischémique et 700 000 à un accident vasculaire cérébral.

En 2019, les trois pays présentant la mortalité par cardiopathie ischémique standardisée selon l’âge la plus élevée attribuable à la pollution de l’air intérieur (décès pour 100 000 habitants) étaient le Vanuatu (103 décès ; IC 79-126), les Îles Salomon (100 décès ; IC 77-122) et l’État fédéral de Micronésie (94 décès ; IC 69-118). Les niveaux les plus bas, en dehors des pays à revenu élevé où aucun fardeau lié à la pollution de l’air intérieur n’est estimé, ont été enregistrés en Argentine (0,3 décès ; IC 0,0-2,6), en Jordanie (0,4 décès ; IC 0,0-3,2) et en Tunisie (0,8 décès ; IC 0,0-5,0) (figure 17).

Les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI) supportent la majeure partie de cette charge, en raison d’un accès relativement limité à l’électricité ou au gaz pour la cuisson.

En 2021, la proportion de la population dépendant principalement de combustibles et de technologies polluants pour la cuisson était la plus élevée en Afrique (région subsaharienne), notamment au Soudan du Sud (100 % de la population ; IC 96,1-100), le Burundi (99,8 % ; IC 94,6-100) et le Libéria (99,6 % ; IC 94,6-100) enregistrant les valeurs les plus élevées.

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L'INTERVENTION DES PUBLICS PAR LE BIAIS DE POLITIQUES ET D'INVESTISSEMENTS CIBLÉS PEUT ACCÉLÉRER L'ADOPTION DE SOLUTIONS DE CUISSON PROPRES ET S'EST AVÉRÉE EFFICACE DANS DES PAYS TELS QUE LA CHINE, L'INDE ET L'INDONÉSIE.
Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 18 - Taux de mortalité standardisés selon l'âge pour les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (décès pour 100 000 habitants) attribuables à la pollution de l'air intérieur (a) et à la pollution atmosphérique (b), par niveau de revenu et pour les deux sexes, 2019. Source : https://www.who.int/data/gho/data/indicators/indicator-details/GHO/ambient-air-pollution-attributable-death-rate-(per-100-000-population-age-standardized)
Lorsque l'on regroupe les pays en fonction de leur niveau de revenu, les effets de la pollution atmosphérique extérieure et de la pollution de l'air intérieur sur la santé des populations varient considérablement (figure 18).

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Les pays du groupe à faibles revenus enregistrent des taux plus élevés de mortalité par AVC et par cardiopathie ischémique, standardisés selon l’âge et imputables à la pollution de l’air domestique et à la pollution atmosphérique, que ceux des groupes à revenus moyens et élevés, à l’exception de la mortalité par cardiopathie ischémique imputable à la pollution atmosphérique. Un écart plus important est observé en ce qui concerne les taux de mortalité par AVC et par cardiopathie ischémique imputables à la pollution de l’air domestique, la plupart des pays du groupe à revenus élevés n’enregistrant aucun décès imputable à ce type de pollution.

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LA CUISINE ET LE CHAUFFAGE PEUVENT GÉNÉRER DES NIVEAUX ÉLEVÉS DE POLLUANTS, AVEC DES PICs DE POLLUTION SOUVENT SUPÉRIEURS DE PLUSIEURS ORDRES DE GRANDEUR AUX NIVEAUX AMBIANTS.

Certains groupes et certaines personnes sont plus vulnérables aux effets néfastes de la pollution atmosphérique sur la santé, notamment les femmes enceintes, les personnes souffrant de maladies pulmonaires ou cardiaques, ainsi que celles souffrant d'obésité, d'hypertension ou de diabète.

GROSSESSE

L'exposition à la pollution atmosphérique pendant la grossesse est associée à des effets sur la mère [22], notamment des troubles hypertensifs pendant la grossesse et le diabète gestationnel, et est liée à des issues défavorables de la grossesse telles que la prématurité, un faible poids à la naissance et, dans certains contextes, la mortinatalité [23].

L'exposition in utero à la pollution atmosphérique a été associée à des effets sur la santé de l'enfant plus tard dans sa vie, notamment au risque de développer des maladies cardiovasculaires.


OBÉSITÉ ET DIABÈTE

De plus en plus de données montrent que la pollution atmosphérique est liée à la fois à l’obésité et au diabète. L’exposition à la pollution atmosphérique est associée à une altération du métabolisme du glucose, à une résistance à l’insuline, ainsi qu’à une prévalence accrue du diabète et à un risque accru de décès lié au diabète en raison d’une exposition à long terme à la pollution.

Compte tenu de la prévalence des maladies cardiovasculaires chez les patients atteints de diabète et d’obésité, les effets de la pollution atmosphérique chez les personnes obèses et diabétiques sont susceptibles d’entraîner indirectement des taux significatifs de morbidité et de mortalité.

HYPERTENSION

Il existe des preuves solides indiquant que l'exposition à la pollution atmosphérique, tant à court qu'à long terme, augmente la tension artérielle, l'incidence et la prévalence de l'hypertension, ainsi que les événements cliniques liés à l'hypertension. Les effets hypertensifs de la pollution atmosphérique pourraient contribuer aux liens observés entre la pollution atmosphérique et d'autres affections et événements cardiovasculaires (et non cardiovasculaires) [27].

TABAGISME

La pollution atmosphérique est la deuxième cause de décès lié aux maladies non transmissibles (MNT), après le tabagisme [29]. Des études suggèrent que la pollution atmosphérique et le tabagisme se renforcent mutuellement et ont des effets cardiovasculaires combinés [30]. Une réduction significative des événements cardiovasculaires — y compris chez les non-fumeurs — a été observée à la suite de l'interdiction de fumer dans les lieux publics dans de nombreux pays [33], [34].

BRUIT, LUMIÈRE, TEMPÉRATURE ET MICROPLASTIQUES

On estime que 113 millions de personnes vivent dans des environnements où les niveaux de bruit routier sont nocifs pour la santé [36].

‍L'exposition
au bruit a été associée à une augmentation du risque de mortalité et de morbidité cardiovasculaires, notamment de cardiopathie ischémique, d'insuffisance cardiaque et d'accident vasculaire cérébral. Une étude récente a mis en évidence la présence de nanoplastiques dans des plaques athéroscléreuses, ce qui a été associé à un risque accru d'événements cardiovasculaires et de décès [43].
ATTÉNUER LES EFFETS NÉFASTES DE LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE - ACTIVITÉ PHYSIQUE
Le nombre mondial de décès par AVC attribuables à la pollution atmosphérique n’a augmenté que de 1 % entre 2010 et 2019, avec toutefois d’importantes variations régionales. Des hausses ont été observées dans les régions d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et de la Méditerranée orientale au cours de cette période, tandis que l’Europe a connu une baisse de 25,3 % et que les régions des Amériques et du Pacifique occidental ont enregistré des baisses moins marquées. Les taux de mortalité par AVC, standardisés selon l’âge et imputables à la pollution atmosphérique, ont diminué dans toutes les régions entre 2010 et 2019, les régions de la Méditerranée orientale, de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est enregistrant une baisse annuelle moyenne d’environ 1 %. Les autres régions ont connu des baisses annuelles moyennes comprises entre 2,6 % et 3,3 % (figure 11). Il n’existe pas de différence significative entre les hommes et les femmes dans la répartition régionale des décès par cardiopathie ischémique attribuables à la pollution atmosphérique, sauf dans la région Europe, où la proportion de décès par cardiopathie ischémique chez les femmes était plus élevée (22,5 %) que chez les hommes (17 %) (figure 12).

En ce qui concerne les décès par accident vasculaire cérébral (AVC) attribuables à la pollution atmosphérique, près de 50 % du total des décès masculins à l’échelle mondiale se sont produits dans la région du Pacifique occidental, contre 40 % du total des décès féminins à l’échelle mondiale. Comme pour les cardiopathies ischémiques, la proportion de la mortalité féminine par AVC attribuable à la pollution atmosphérique dans la région Europe était plus élevée que chez les hommes (13,4 % contre 8,8 %)*.
‍*Il convient de noterque ces estimations de la charge de morbidité, issues d'une étude à l'échelle écologique, ne tiendraient pas compte des différences d'exposition à la pollution atmosphérique entre les sexes résultant de différences de comportement et de lieu de présence tout au long de la journée (c'est-à-dire que l'exposition à la pollution atmosphérique serait la même pour les hommes et les femmes).

6. POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE

Pollution atmosphérique et changement climatique
Le changement climatique et la pollution atmosphérique sont étroitement liés. La plupart des principaux facteurs à l'origine de la pollution atmosphérique, tels que la combustion de combustibles fossiles et d'autres activités anthropiques, sont également des sources d'émissions de gaz à effet de serre, ce qui contribue au changement climatique ; parallèlement, les événements environnementaux majeurs provoqués par le changement climatique aggravent la pollution atmosphérique, créant ainsi un cercle vicieux [50].

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La fumée des feux de forêt a été associée à la cardiopathie ischémique, à l’insuffisance cardiaque et aux hospitalisations pour événements coronariens aigus et accidents vasculaires cérébraux [54]. L’augmentation de la fréquence, de l’ampleur et de la gravité des feux de forêt ces dernières années a généré des panaches de polluants atmosphériques nocifs pouvant se propager à plusieurs kilomètres de leur source. Les changements climatiques ont entraîné un allongement des saisons polliniques, les expositions biologiques (pollen et moisissures, par exemple) interagissant avec les polluants atmosphériques pour aggraver les maladies allergiques.
La chaleur s'accompagne souvent d'une stagnation atmosphérique, ce qui réduit la dissipation des polluants atmosphériques et favorise la formation photochimique d'autres polluants, tels que l'ozone. La stagnation atmosphérique due aux inversions de température peut également entraîner des épisodes de froid et de pollution atmosphérique, provoquant un stress cardiovasculaire [56].

Découvrez ici l'intégralité des conclusions concernant la pollution atmosphérique et le changement climatique.

TEMPÉRATURE, POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE ET MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Les maladies cardiovasculaires peuvent être attribuées à des températures extrêmes. Il a été démontré que la température et la pollution atmosphérique renforcent mutuellement leurs effets [58].

IMPACT INDIRECT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

La pollution atmosphérique engendre des inégalités en matière de santé, tant au niveau de l’exposition (les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés étant susceptibles d’y être davantage exposées) qu’au niveau de ses effets (les personnes déjà vulnérables étant biologiquement plus sensibles aux effets de l’exposition aux polluants).

Étant donné qu’elles sont étroitement liées, les mesures d’atténuation et autres interventions visant à lutter contre la pollution atmosphérique ont pour avantage supplémentaire d’agir sur le changement climatique [60].

Il convient de veiller à ce que les politiques et les interventions visant à lutter contre un risque environnemental n’aient pas de conséquences involontaires sur un autre.

7. DIRECTIVES ET POLITIQUES RELATIVES À LA QUALITÉ DE L'AIR

Directives et politiques relatives à la qualité de l'air
Les pouvoirs publics nationaux et locaux ont un rôle essentiel à jouer dans la réduction de la pollution atmosphérique par la mise en œuvre de politiques. Les « Directives mondiales de l'OMS sur la qualité de l'air » de 2021 fournissent aux décideurs politiques des niveaux recommandés pour les polluants atmosphériques, fondés sur les données scientifiques relatives à leur impact sur la santé, ainsi que des objectifs intermédiaires destinés à orienter les progrès vers ces niveaux recommandés.

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Au niveau municipal, ces mesures comprennent notamment des initiatives visant à réduire les émissions des véhicules grâce à des politiques de tarification routière et de stationnement, l’amélioration des transports publics et des infrastructures destinées aux cyclistes et aux piétons, des règles d’urbanisme visant à empêcher l’implantation de zones résidentielles à proximité de zones d’activité industrielle et de circulation routière, la mise à jour des codes de construction afin d’imposer la filtration de l’air intérieur et de réduire la pénétration de la pollution atmosphérique ambiante, des actions de sensibilisation et de surveillance préventive pour alerter les populations en cas de dépassement des seuils de sécurité en matière de pollution, des taxes sur les combustibles fossiles, ainsi que des sanctions en cas de pollution atmosphérique excessive [62].

Au niveau national, les gouvernements peuvent apporter un soutien politique et mettre en place des cadres juridiques pour la mise en œuvre de politiques plus locales. Cela inclut une législation nationale et une participation aux mécanismes mondiaux liés à la définition et au suivi des normes et des engagements en matière de pollution atmosphérique, tels que l’Accord de Paris sur le climat de 2015 et l’Assemblée mondiale de la santé qui se tient chaque année.

122 pays, plus l’UE (64 %), disposent d’une législation ou de documents de politique générale/lignes directrices ayant force de loi, qui contiennent des normes de qualité de l’air ambiant (AAQS) [63]. La plupart des pays ne disposant pas de législation sur les AAQS se trouvent en Afrique (figure 20).

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Nombre de décès dus à une cardiopathie ischémique et à un AVC (graphiques de gauche) et taux de mortalité standardisés selon l'âge (pour 100 000 habitants) (graphiques de droite) imputables à la pollution atmosphérique ambiante, pour les deux sexes et par région de l'OMS.
FIGURE 20 - Pays dotés d'instruments juridiques prévoyant des normes de qualité de l'air ambiant. Figure tirée de : https://www.unep.org/resources/report/regulating-air-quality-first-global-assessment-air-pollution-legislation

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La proportion de pays soumis à des obligations légales en matière de surveillance de la qualité de l'air est tout aussi limitée, puisqu'elle n'atteint que 57 %. L’Europe est la seule région où une majorité notable de pays ont inscrit dans leur législation l’obligation de surveiller la qualité de l’air (95 %). Les Amériques (53 %) et la Méditerranée orientale (50 %) sont les seules autres régions où la moitié ou plus des pays disposent d’une telle législation, l’Afrique (30 %) affichant la plus faible proportion de pays soumis à une obligation légale de surveillance.

Dans l’ensemble, moins d’un tiers des contributions déterminées au niveau national (CDN) analysées faisaient référence aux impacts de la pollution atmosphérique sur la santé. Il est également nécessaire que les gouvernements et les organismes multilatéraux adoptent des politiques et des engagements plus fermes afin d’accroître le financement de la recherche, des innovations techniques et des projets de mise en œuvre visant à lutter contre la pollution atmosphérique. Moins de 2 % des fonds internationaux de développement, des financements des fondations philanthropiques et des financements publics internationaux en faveur du climat ont été consacrés à la lutte contre la pollution atmosphérique entre 2015 et 2021.

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POLITIQUES AGRICOLES
L’agriculture est une source importante de pollution atmosphérique.

Il existe déjà des méthodes permettant de réduire les émissions d’ammoniac issues des pratiques agricoles (par exemple, les inhibiteurs d’uréase dans les engrais, les bâches de protection des bassins à lisier, l’injection d’engrais et les aliments pour animaux à faible teneur en protéines).

Cependant, partout dans le monde, les agriculteurs opèrent déjà de plus en plus avec des marges économiques réduites et subissent les pressions d’une administration bureaucratique. Une autre source d’émissions d’origine agricole, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, provient du brûlage des récoltes et des chaumes. Les panaches issus de la combustion de la biomasse agricole sont importants et peuvent parcourir de longues distances, contribuant ainsi aux niveaux de particules fines (PM) dans les pays voisins [73]. Les effets cardiovasculaires des émissions d’origine agricole, en particulier des particules fines secondaires issues de l’ammoniac, restent à établir. Une meilleure compréhension de la contribution des particules fines d’origine agricole aux maladies cardiovasculaires (MCV) apporterait un soutien scientifique permettant d’accélérer les changements politiques.
NORMES RELATIVES AUX VÉHICULES
De nombreux pays ont mis en place une législation et des contrôles annuels relatifs aux normes applicables aux véhicules afin d’en garantir la sécurité, et l’intégration ainsi que l’étendue des contrôles d’émissions ne cessent de s’étendre.

Des progrès ont été réalisés dans la réduction des émissions d’échappement des véhicules neufs, tant en termes deNO₂ que de particules, même dans les moteurs diesel modernes où les émissions deviennent comparables à celles des moteurs à essence. Et bien que les moteurs des véhicules modernes soient nettement plus propres que ceux d’il y a une dizaine d’années, l’âge moyen du parc automobile est d’environ 10 ans dans les pays européens, et considérablement plus élevé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. L’installation de « filtres à particules » sur les systèmes d’échappement a contribué à réduire les émissions de particules fines (PM) des véhicules récents, mais le respect des obligations d’entretien (voire de remplacement) de ces filtres est inégal [76]. Les gaz d’échappement des véhicules constituent également la principale source de particules ultrafines nocives dans les zones urbaines. À mesure que le monde s’éloigne progressivement du moteur à combustion au profit de technologies plus propres telles que les véhicules électriques, la part des émissions non liées aux gaz d’échappement provenant du trafic routier va augmenter. L’élaboration d’une législation sur ces émissions non liées aux gaz d’échappement sera cruciale au cours des prochaines décennies, et l’engouement pour l’innovation technologique dans ce domaine est rassurant. En fin de compte, cependant, les effets cardiovasculaires restent terriblement sous-étudiés.
Fourniture de combustibles domestiques propres
La pollution de l’air intérieur est associée à des taux importants de morbidité et de mortalité, notamment par le biais des maladies cardiovasculaires (voir la section sur la pollution domestique et les maladies cardiovasculaires). L’utilisation de combustibles solides est à l’origine de ce fardeau dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI), l’exposition domestique aux particules fines (PM) et aux gaz issus de la combustion étant particulièrement élevée lors de la cuisson et du chauffage domestique [78]. Dans les régions à faibles revenus, les logements composés d’une seule pièce peuvent entraîner une exposition prolongée aux polluants lorsque la ventilation n’est pas prise en compte, en particulier pour les femmes qui ont tendance à être davantage exposées aux fumées de cuisson dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Il est urgent de passer, dans ces pays, de la combustion de combustibles solides à l’utilisation du GPL et des panneaux solaires ; l’utilisation de fourneaux à combustion propre est recommandée lorsque des options de combustibles propres ne sont pas disponibles. Il existe des exemples d’initiatives en faveur des combustibles propres dans de nombreux pays, comme le programme bangladais de fourneaux améliorés soutenu par la Banque mondiale. Ce programme a utilisé un modèle de marché pour aider 3,4 millions de personnes à accéder à des solutions de cuisson améliorées, tout en créant 3 000 emplois et en économisant 3,54 millions de tonnes de combustible issu de la biomasse chaque année [79]. Des programmes couronnés de succès, tels que celui du Bangladesh, seront utiles pour orienter et étendre d’autres initiatives. Il est important que les gouvernements, les collectivités locales et les partenaires internationaux apportent le soutien nécessaire, tant sur le plan financier et logistique que par le biais de la législation, afin de généraliser l’accès aux combustibles propres.
URBANISME ET INFRASTRUCTURES
Plus de 50 % de la population mondiale vit en ville [80].

De meilleurs logements peuvent réduire l’entrée de la pollution atmosphérique extérieure dans les espaces intérieurs, et la ventilation peut être optimisée pour limiter la sortie des polluants atmosphériques intérieurs hors du domicile [81].

La transition vers des « quartiers des 20 minutes », où les commodités nécessaires sont accessibles depuis le domicile en moins de 20 minutes sans recourir à un véhicule particulier, nécessitera beaucoup de temps et de ressources ; toutefois, les politiques vont dans ce sens, des villes telles que Bogotá, Melbourne, Milan, Paris et Portland étant citées comme des exemples de bonnes pratiques [84]. Cette évolution progressive vers des villes saines sera récompensée par des gains en matière de santé physique et mentale, ainsi que par une durabilité économique et environnementale [85].

L'INJUSTICE ENVIRONNEMENTALE DÉSIQUE L'EXPOSITION INÉQUITABLE ET DISPROPORTIONNÉE DES PERSONNES DÉFAVORISÉES, DES MINORITÉS RACIALES ET ETHNIQUES, AINSI QUE DES POPULATIONS MARGINALISÉES, AUX PRODUITS CHIMIQUES TOXIQUES, À LA POLLUTION DE L'AIR ET DE L'EAU, AUX LIEUX DE TRAVAIL DANGEREUX ET À D'AUTRES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX.

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La notion d’injustice environnementale est liée à l’exposition inégale à la pollution, ainsi qu’à d’autres facteurs associés à la pauvreté, tels que l’accès insuffisant aux soins médicaux et préventifs, et à d’autres conditions comme la malnutrition ou l’absence de mesures de protection contre la pollution sur le lieu de travail [87]. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le chauffage et la cuisine à la biomasse, ainsi que la délocalisation des industries polluantes depuis les pays à revenu élevé, sont emblématiques des disparités en matière d’exposition à la pollution atmosphérique [88]. Il s’agit là d’exemples de conflits liés à la justice environnementale et à la pollution atmosphérique que l’on retrouve sur tous les continents, la majorité d’entre eux étant susceptibles d’avoir un impact plus important sur les populations vulnérables, qui disposent de peu de moyens pour faire valoir leurs droits.

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8. PRINCIPALES RECOMMANDATIONS

Tous les pays et toutes les parties prenantes doivent de toute urgence unir leurs efforts pour accélérer la lutte contre la pollution atmosphérique et mettre en œuvre des mesures politiques et sanitaires visant à protéger la population contre ses effets les plus néfastes. Ces actions seront essentielles pour atteindre les Objectifs de développement durable liés à la réduction de la mortalité due aux maladies non transmissibles, et auront également des retombées positives plus larges dans la lutte contre la crise climatique.

1

La WHF encourage le secteur de la santé à jouer un rôle de premier plan dans la réduction des émissions polluantes dans le cadre de ses stratégies de développement durable. À l'heure actuelle, le secteur de la santé représente près de 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

2

La WHF encourage les cardiologues, les chercheurs en médecine cardiovasculaire, les professionnels de santé en général, les communautés cardiovasculaires et les fondations dédiées à la santé à plaider en faveur de la reconnaissance de la pollution atmosphérique comme facteur de risque majeur pour la santé cardiovasculaire, à dialoguer avec les parties prenantes et à contribuer à mobiliser les ressources et la volonté politique nécessaires pour s'attaquer à ce problème.

3

Il convient de redoubler d'efforts pour améliorer la formation sur les effets de la pollution atmosphérique sur la santé, notamment dans l'enseignement secondaire, universitaire et de troisième cycle, à l'intention des professionnels de la santé et dans le cadre de programmes de formation destinés aux disciplines essentielles à la recherche dans ce domaine, telles que la toxicologie et l'épidémiologie.  

4

Il est nécessaire de mener davantage d'études sur les effets cardiovasculaires de la pollution atmosphérique dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

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