
En 2022, 878 millions d'adultes souffraient d'obésité, soit quatre fois plus que les 194 millions de personnes touchées par cette maladie en 1990. Si les tendances actuelles se maintiennent, on estime que près de deux adultes sur trois âgés de 25 ans ou plus pourraient souffrir de surpoids ou d'obésité d'ici 2050.
Le coût pour l’économie mondiale des besoins en soins de santé liés à l’obésité, des pertes de productivité et des décès est estimé à 2,2 % du produit intérieur brut (PIB) mondial (un peu moins de 2 000 milliards de dollars américains par an) et pourrait atteindre 3 % par an d’ici 2060. Les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI) et leurs systèmes de santé devraient supporter le plus gros de ces répercussions, même si presque tous les pays seront touchés.
Sur le plan sanitaire, un indice de masse corporelle (IMC) élevé est responsable de 3,7 millions de décès par an et constitue l’un des principaux facteurs de mortalité par MCV. Par exemple, le nombre annuel de décès dans le monde dus à des MCV et attribuables à un IMC élevé a plus que doublé en trois décennies pour atteindre 1,9 million, et un IMC élevé représente désormais près d’un décès sur dix parmi l’ensemble des décès par MCV. Cette proportion augmente dans toutes les régions du monde, à l’exception de deux. La prévalence de l’obésité et le nombre de décès par MCV attribués à cette maladie varient selon les pays, les régions, l’âge et le sexe.
Une approche holistique, intégrant à la fois les interventions cliniques et de santé publique et tenant compte de la multitude de déterminants de l’obésité, est essentielle pour lutter contre l’obésité et les MCV. Le rôle de ces facteurs complexes et interdépendants souligne que l’obésité est loin d’être un choix individuel. Parmi ces déterminants figurent notamment les facteurs environnementaux (accès à l’activité physique et aux espaces verts), biologiques (prédisposition génétique à l’obésité), socio-économiques (revenus, niveau d’éducation et profession) et commerciaux (politiques et réglementations relatives au marketing alimentaire et à l’accessibilité financière des produits alimentaires).
Des mesures positives ont été prises ces dernières années, avec la mise en œuvre de plusieurs initiatives mondiales, nationales et locales qui semblent prometteuses pour lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires, ainsi que l’émergence d’interventions médicales susceptibles de changer la donne, telles que les agonistes du récepteur du peptide-1 de type glucagon (GLP-1RA).
La Fédération mondiale du cœur (WHF) — qui regroupe plus de 200 fondations cardiaques, sociétés scientifiques et associations de patients dans plus de 100 pays — s'engage à collaborer avec l'ensemble des parties prenantes afin de réduire de toute urgence l'obésité et les maladies cardiovasculaires. Afin de soutenir ces efforts, le présent rapport formule les recommandations clés suivantes :
1
Les pays devraient mettre en œuvre des mesures de santé publique fondées sur des données probantes et d’un bon rapport coût-efficacité pour lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires, en s’appuyant sur les cadres et outils mondiaux. Ils devraient également donner la priorité à des politiques globales, intégrées et axées sur l’équité, guidées par des données nationales sur la manière dont les déterminants varient selon les groupes de population. Parmi les actions prioritaires figurent l’élaboration de feuilles de route nationales contre l’obésité assorties d’objectifs précis, la mise en place de politiques multisectorielles abordant l’ensemble des déterminants de l’obésité, ainsi que la garantie d’une meilleure intégration de la prévention et du traitement de l’obésité dans les services de soins de santé primaires.
2
Les campagnes et les politiques de santé publique doivent lutter contre la stigmatisation de l'obésité en adoptant un langage qui met l'accent sur la personne, en reconnaissant que la stigmatisation constitue un obstacle à la lutte contre l'obésité et les maladies cardiovasculaires, et elles devraient également associer les personnes atteintes d'obésité et de maladies cardiovasculaires.
1
Les recommandations en matière de santé cardiovasculaire devraient inclure des conseils spécifiques à l'obésité afin de garantir que la prise en charge des maladies cardiovasculaires soit correctement adaptée aux personnes en situation d'obésité. Cela implique notamment de doter les professionnels de santé des connaissances, des conseils et des outils nécessaires pour prévenir, prendre en charge et traiter l'obésité de manière optimale.
2
Les initiatives de formation des professionnels de santé et de renforcement du système de santé en matière d’obésité et de maladies cardiovasculaires devraient mettre l’accent sur la promotion de soins intégrés et centrés sur la personne et, dans la mesure du possible, tenir compte des disparités en matière de risque d’obésité, de prévalence et d’accès aux soins.
3
Les pouvoirs publics devraient redoubler d'efforts pour améliorer la disponibilité et l'accessibilité financière des médicaments contre l'obésité, tels que les agonistes des récepteurs du GLP-1. Les pouvoirs publics devraient redoubler d'efforts pour sensibiliser davantage le public et améliorer la disponibilité et l'accessibilité des programmes spécialisés de modification du mode de vie, notamment les programmes axés sur la nutrition, l'activité physique, la perte de poids et la réadaptation cardiaque.

Outre une vue d'ensemble et une analyse exhaustives des dernières données disponibles, ce rapport vise à fournir aux défenseurs de la cause, aux décideurs politiques et aux cliniciens les informations dont ils ont besoin pour mettre en place des interventions qui contribueront à réduire de toute urgence le fardeau de l'obésité et des maladies cardiovasculaires.
Le rapport s'appuie sur les dernières sources de données exhaustives disponibles, ventilées par pays, âge etsexe²⁵ ( voir l'annexe en ligne).

L'OMS définit l'obésité chez les adultes (âgés de 18 ans ou plus) comme un IMC égal ou supérieur à 30 kg/m², et le surpoids comme un IMC compris entre 25 et 29,9 kg/m². Chez les enfants de moins de 5 ans, le surpoids et l’obésité sont respectivement définis comme un poids pour la taille supérieur à 2 écarts-types et supérieur à 3 écarts-types au-dessus de la médiane des normes de croissance de l’OMS pour les enfants, tandis que chez les enfants âgés de 5 à 19 ans, le surpoids et l’obésité sont respectivement définis comme un IMC pour l’âge supérieur à 1 écart-type et supérieur à 2 écarts-types au-dessus dela médiane des références de croissance de l’OMS⁶.
Bien que l’utilisation de l’IMC comme outil de diagnostic de l’obésité et du surpoids en pratique clinique présente certaines limites (voir la section consacrée aux limites de l’utilisation de l’IMC pour définir et diagnostiquer l’obésité), celui-ci reste l’un des indicateurs les plus utiles, simples et accessibles pour la surveillance des maladies, les études de recherche et l’estimation de l’obésité au niveau de la population. Par conséquent, les données présentées dans ce rapport s’appuient sur l’IMC comme mesure de l’obésité.
Parmi ceux-ci figurent l'apparition de facteurs de risque, tels que la résistance à l'insuline, le dysfonctionnement du tissu adipeux et la dyslipidémie, qui contribuent à l'aggravation des complications cardiovasculaires, telles que les maladies coronariennes, l'insuffisance cardiaque, l'infarctus du myocarde et les thromboembolies.
Au cours des trois dernières décennies, les taux d’obésité infantile ont considérablement augmenté à l’échelle mondiale. La prévalence de l’obésité, standardisée selon l’âge, chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents (âgés de 5 à 19 ans) est passée de 1,7 % en 1990 à 6,9 % en 2022 chez les filles, et de 2,1 % à 9,3 % chez les garçons. À l'échelle mondiale, le nombre de filles et de garçons en situation d'obésité s'élevait respectivement à 65,1 millions et 94,2 millions en 2022.
L’obésité infantile augmente considérablement le risque cardiovasculaire, en particulier celui de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses, ainsi que la présence simultanée de facteurs de risque métaboliques. Ces facteurs s’accompagnent souvent d’un risque au moins deux fois plus élevé d’hypertension artérielle, de profils lipidiques anormaux et de diabète de type 2, ce qui établit un profil de risque cardiovasculaire défavorable bien avantl’âge adulte¹⁶.
À court terme, les enfants en surpoids ou obèses présentent davantage de facteurs de risque métaboliques et cardiovasculaires, tels quel’hypertension artérielle¹²,la dyslipidémie¹³,le diabète de type 2¹⁴ et d’autres anomalies dusystème cardiovasculaire¹⁵. À long terme, si l’obésité ou le surpoids ne sont pas pris en charge pendant l’enfance, ces facteurs de risque métaboliques et cardiovasculaires à court terme augmentent considérablement le risque de développer des maladies cardiovasculaires (MCV) plus tard dans la vie. Par exemple, les enfants présentant un IMC élevé ont 40 % plus de risques que ceux ayant un IMC faible de souffrir de maladies cardiovasculaires àl’âge mûr¹⁷. Les enfants présentant une combinaison de facteurs de risque, notamment le tabagisme, un IMC élevé, une hypertension artérielle et des taux élevés de lipides sanguins, ont un risque deux à neuf fois plus élevé de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral àl’âge mûr¹⁷.
L’apparition de l’obésité, en particulier à un jeune âge, a un effet négatif profond sur l’espérance de vie et peut la réduire jusqu’à la moitié de ladurée de vie moyenne¹⁸. Les interventions, notamment les programmes structurés d’alimentation et d’activité physique, permettent de réduire les facteurs de risque cardiométaboliques et peuvent apporter des bénéfices à long terme sielles sont maintenues¹⁹.
IDÉE FAUSSE N° 1 :
L'OBÉSITÉ RÉSULTE D'UN DÉSÉQUILIBRE ENTRE L'APPORT CALORIQUE ET LA DÉPENSE ÉNERGÉTIQUE
Le discours sur l’obésité s’est longtemps articulé autour d’une équation trop simplifiée : « calories consommées – calories brûlées = poids corporel ». Or, la réalité est plus complexe. L'apport énergétique est déterminé à la fois par la quantité d'aliments ingérés et par la quantité d'énergie issue de ces aliments que le tractus gastro-intestinal absorbe. Cette absorption dépend de plusieurs facteurs, notamment les enzymes digestives, les hormones intestinales, le microbiote et les signaux neuronaux, qui échappent tous au contrôle de l'individu. De même, la dépense énergétique ne dépend pas uniquement de l'activité physique, mais aussi du taux métabolique de l'individu, qui représente60 à 80 %de ladépense énergétique quotidienne totale⁶⁵.
IDÉE FAUSSE N° 2 :
L'OBÉSITÉ EST UN CHOIX DE MODE DE VIE
Les personnes souffrant d'obésité sont souvent accusées de choisir leur maladie, ou de voir leur prise de poids imputée à un mode de vie sédentaire et à une alimentation excessive. La réalité est plus nuancée. Il existe des données solides établissant un lien entre l'obésité et, dans la plupart des cas, des déterminants sociaux, biologiques, environnementaux et commerciaux, entre autres (voir la section consacrée aux déterminants de l'obésité et des maladies cardiovasculaires).
IDÉE FAUSSE N° 3 :
L'OBÉSITÉ N'EST PAS UNE MALADIE
La définition d’une maladie nécessite des preuves empiriques et objectives, tant médicales que biologiques. De nombreuses personnes atteintes d’obésité répondent à ces critères, notamment par la présence de symptômes ou de signes spécifiques (par exemple, une adiposité accrue), une diminution de la qualité de vie, un risque accru de complications associées ou une physiopathologie bien caractérisée (par exemple, inflammation, dysfonctionnement endothélial, résistance à l’insuline, altérations des hormones régulant la satiété ou la faim).
L’OMS et la WHF (par le biais de la Déclaration de Nagoya de 2015), ainsi que de nombreux autres organismes internationaux et nationaux de premier plan, définissent l’obésité comme une maladie ouun processus pathologique⁶⁸,³².

Par rapport à 1990, la prévalence de l’obésitéstandardisée selon l’âge² a plus que doublé chez les femmes (passant de 8,8 % à 18,5 %) et a presque triplé chez les hommes (passant de 4,8 % à 14 %), tandis que le nombre total d’adultes obèses a plus que quadruplé, passant de 194 millions à 878 millions.
Si les tendances actuelles se poursuivent, la prévalence de l’obésité chez les adultes de plus de 20 ans devrait atteindre 17 % chez les hommes et 22 % chez les femmes d’ici2030³. On craint que près de 2 adultes sur 3 âgés de plus de 25 ans ne soient touchés par le surpoids ou l’obésité d’ici2050⁴.
It was also high in many other Pacific and Caribbean Island nations, such as the Bahamas and Saint Kitts and Nevis (around 38% for men and around 55% for women) and countries in the Middle East and North Africa region, such as Qatar and Kuwait (39–41% for men) and Egypt and Qatar (53–59% for women). Obesity prevalence was lowest among women in Vietnam, Timor-Leste, and Japan (2–4%) and among men in Ethiopia, Timor-Leste and Rwanda (1–2%). Prevalence was also low (<5%) in other Asian and East African countries.
Obesity increased in nearly every country from 1990 to 2022, with the largest increases observed in the Bahamas for women (from 22.8% to 55.8%) and Romania for men (from 6.7% to 38.3%). Over this period, a decrease in obesity prevalence was only seen among women in Spain (by 4.6 percentage points), France, Moldova and Lithuania (all by 1–2 percentage points).
En 2019, l’impact économique mondial de l’obésité a été estimé à 2,2 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, soit un peu moins de 2 000 milliards de dollars américainspar an⁶⁹. Ce chiffre inclut les coûts liés aux besoins de soins de santé liés à l’obésité, aux pertes de productivité et à la diminution du capital humain due aux décès prématurés.
Si les tendances actuelles en matière d’obésité se poursuivent, les analystes prévoient que les répercussions économiques dépasseront 3 % du PIB par an à l’échelle mondiale d’ici 2060. Cela représenterait 2 % du PIB dans la Région africaine de l’OMS, plus de 4 % dans la Région des Amériques de l’OMS et plus de 5 % dans la Région de la Méditerranée orientale de l’OMS. Les hausses les plus importantes de l’impact économique de l’obésité se concentreront dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), avec des implications significatives pour les systèmes de santé. De plus, cet impact devrait tripler dans les pays à revenu élevé et être multiplié par vingt-trois dans les pays à revenu intermédiaire supérieur.
Si des mesures coordonnées et fondées sur des données probantes permettent de ramener la prévalence de l’obésité et du surpoids aux niveaux de 2019, cela se traduira par des économies de 2 200 milliards de dollars US par an entre 2020 et 2060 à l’échelle mondiale.

À l’échelle mondiale, le taux de mortalité par MCV, standardisé selon l’âge et attribuable à un IMC élevé, s’élevait à 22,8 décès pour 100 000 habitants en 2021, soit un niveau légèrement inférieur à celui de 1990 en raison de la baisse de la mortalité globale par MCV.
Au niveau régional, le taux de mortalité par MCV, standardisé selon l’âge et attribuable à un IMC élevé, est désormais le plus élevé dans les pays à revenu intermédiaire et le plus faible dans les pays à revenu élevé (voir le tableau 1 de l’annexe en ligne). Le taux de mortalité par MCV, standardisé selon l’âge et attribuable à un IMC élevé, variait de 14,4 décès pour 100 000 habitants dans les régions à revenu élevé à 67,5 décès pour 100 000 habitants en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. En 2021, on estimait à 300 000 le nombre supplémentaire de décès par MCV dans le monde attribuables à un IMC élevé chez les femmes par rapport aux hommes.
Un IMC élevé est le huitième facteur de risque le plus important de décès par MCV à l’échelle mondiale (tableau 1). Depuis 1990, son classement en termes de risque a progressé par rapport aux autres facteurs de risque de mortalité par MCV : en 2021, l’IMC élevé occupait une place plus élevée qu’en 1990 dans toutes les régions sauf deux (Asie du Sud, Asie du Sud-Est, Asie de l’Est et Océanie), où le classement est resté inchangé.
Au niveau national, un IMC élevé constitue le troisième facteur de risque le plus important de mortalité par maladie cardiovasculaire dans 14 pays, dont les Îles Cook, le Gabon et la Dominique, tandis qu'il occupe la quatrième place dans 44 autres pays.

Les personnes en surpoids ou obèses sont régulièrement confrontées à la stigmatisation sociale, qui désigne « la dévalorisation et le dénigrement sociaux dont fait l'objet un individu en raison de son excès de poids, ce qui entraîne des attitudes négatives, des stéréotypes, des préjugés et de la discrimination ».
Les personnes en surpoids peuvent être perçues comme paresseuses, gloutonnes et manquant d’autodiscipline ; cette stigmatisation se manifeste par des propos blessants ou des représentations négatives dans la culture populaire et/oules médias³². Cela peut avoir des conséquences psychologiques et physiques durables pourles victimes³¹. Les enfants et les jeunes adultes sont particulièrement vulnérables au harcèlement et à la discrimination liés à leur poids, et l’obésité est désormais la principale cause de ce type de harcèlement à l’école, ce qui affecte l’éducation des enfants et leursanté mentale³⁶⁻³⁹.
Dans le milieu médical, des études ont montré que certains professionnels de santé nourrissaient des préjugés négatifs à l’égard de l’obésité et consacraient moins de temps à ces patients, les considérant comme peu enclins àsuivre les conseils de santé³⁴,³⁵. Cela peut dissuader les personnes en surpoids de recourir aux soins médicaux, y compris en matière de prévention et de dépistage, et compromettre ainsi leur prise en charge médicale globale.
La stigmatisation et la discrimination liées au poids, qui perdurent depuis longtemps, ont entravé les efforts de lutte contre l’obésité et ont ainsi contribué à l’augmentation des maladies cardiovasculaires. Il est donc urgent de lutter contre la stigmatisation liée au poids et de favoriser une société inclusive qui garantisse l’équité en matière de protection, de santé, de droits et de dignité des individus, quelle que soit leur corpulence.
À l'échelle mondiale, la prévalence de l'obésité standardisée selon l'âge en 2022 était supérieure de 4,5 points de pourcentage chez les femmes que chez les hommes, un chiffre qui est resté globalement stable depuis 1990. Au niveau régional, l'écart en matière d'obésité entre les femmes et les hommes était le plus marqué en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où 40 % des femmes sont obèses, contre 25 % des hommes. La prévalence de l'obésité était également plus élevée chez les femmes que chez les hommes en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Océanie et en Afrique subsaharienne. En Europe centrale et orientale, dans la région occidentale à revenu élevé ainsi qu’en Asie de l’Est et dans le Pacifique, la prévalence de l’obésité était similaire chez les femmes et chez les hommes.
En 2022, la prévalence de l’obésité était plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans plus des trois quarts des pays du monde (figure 4), l’écart dépassant 30 points de pourcentage en Afrique du Sud, en Jamaïque, à Saint-Vincent et aux Grenadines. De 1990 à 2022, l’écart entre les femmes et les hommes en matière d’obésité s’est creusé dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie du Sud-Est, ainsi que dans certains pays d’Asie centrale, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. À l’inverse, cet écart s’est réduit dans tous les pays d’Europe centrale et orientale, d’Asie de l’Est, du Pacifique et dans la plupart des pays occidentaux à revenu élevé. Les hommes présentent une prévalence d’obésité plus élevée dans 39 pays à travers le monde.
Des facteurs socioculturels, économiques et biologiques contribuent tous aux différences entre les sexes en matière d’obésité.
Le lien entre l’obésité et les maladies cardiovasculaires diffère selon que l’on considère les hommes ou les femmes. Par exemple, un tour de taille et un rapport taille-hanches plus importants sont associés à un risque accru d’infarctus du myocarde chez les femmes par rapport auxhommes²⁶ et, de même, un IMC plus élevé est associé à un risque plus élevé de diabète de type 2 chez les femmes que chezles hommes²⁷.

Si l'on observe certaines similitudes entre les pays et les régions en ce qui concerne la relation entre les variables socio-économiques et l'obésité, il existe également des différences notables. Par exemple, dans les pays à revenu élevé, la prévalence de l'obésité est plus élevée chez les personnes ayant un faible niveau d'éducation, tandis que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, elle est plus élevée chez les personnes ayant un niveau d'éducation plus élevé (figure 5).

Le terme « environnement obésogène » est souvent utilisé pour désigner le rôle des facteurs physiques, culturels, sociaux et économiques qui favorisent le développement de l’obésité.
Il englobe les facteurs structurels qui facilitent la disponibilité et l’accès à une mobilité physique sûre et aisée, notamment les infrastructures permettant de marcher, de courir ou de faire du vélo, ainsi que l’accès et la disponibilité d’aliments locaux, durables et sûrs à des prix abordables au niveau local.
Ces dernières années, de nouveaux concepts ont vu le jour concernant l’environnement alimentaire des populations, tels que les « déserts alimentaires », où les personnes, en particulier celles vivant dans des environnements urbains densément peuplés, ont un accès limité à une alimentation saine et abordable. Les problèmes liés à l’environnement alimentaire sont particulièrement aigus dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), où la persistance de différentes formes de sous-alimentation, associée à l’augmentation des facteurs de risque de maladies non transmissibles (MNT) liés à l’alimentation, tels que le surpoids et l’obésité, a conduit au « double fardeau de la malnutrition ».
Le nombre croissant d’emplois exigeant davantage de temps passé assis que d’activité physique contribue également au développement de l’obésité.

Les facteurs de risque socio-psychologiques, tels que le stress, comptent parmi les déterminants de l’obésité, tout comme plusieurs déterminants sociaux — notamment les difficultés financières, les conflits personnels, la faible estime de soi et l’acceptation par les pairs ou les groupes sociaux — qui jouent un rôle dans le développement d’un stress chronique chez les personnes ensurpoids51,52.
Les interventions structurées sur le comportement et le mode de vie — en particulier celles axées sur l’activité physique et l’alimentation — peuvent améliorer la santé physique et psychologique des enfants et des adultes, même si la perte de poids est minime. Les considérations relatives à la santé mentale doivent être intégrées dans les messages et les programmes d’intervention en matière de perte de poids afin de prendre en compte l’ensemble des répercussions de l’obésité.

Si, dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, l’IMC moyen standardisé selon l’âge des habitants des zones urbaines reste supérieur à celui de leurs homologues ruraux, la hausse plus rapide observée dans les zones rurales au cours des quatre dernières décennies a entraîné une convergence de l’IMC entre les zones rurales et urbaines. Par exemple, en 1985, les citadins d’Asie du Sud présentaient un IMC moyen plus élevé que leurs homologues ruraux (de 3,2 et 3,0kg/m² pour les femmes et les hommes, respectivement), mais en 2017, l’écart entre les IMC urbains et ruraux s’était réduit à 1,9 et 1,2kg/m² chez les femmes et les hommes, respectivement. Cette tendance a été observée au cours de la même période chez les femmes d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie de l’Est et du Sud-Est, d’Asie centrale, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, ainsi que chez les hommes d’Océanie.
En revanche, les femmes d’Afrique subsaharienne ont connu des tendances divergentes en matière d’IMC entre les zones urbaines et rurales, l’écart entre ces deux zones s’étant creusé, passant de 2,6kg/m² en 1985 à 3,2kg/m² en 2017. Certains pays d’Afrique subsaharienne (par exemple, le Niger et le Burkina Faso) présentaient des écarts entre zones urbaines et rurales plus importants en matière d’IMC que n’importe quel autre pays au monde, en partie parce que l’urbanisation a précédé la croissance économique majeure enAfrique subsaharienne⁵⁵.
Dansles pays à revenus élevés et industrialisés, les disparités entre zones urbaines et rurales en matière d’IMC étaient moins marquées, l’IMC restant systématiquement plus élevé dans les zones rurales depuis 1985, ce qui reflèteles désavantages économiques et sociaux de ces dernières⁵⁸⁻⁶⁰.

En ce qui concerne les MNT, notamment l’obésité, cela se traduit généralement par des stratégies marketing, l’étiquetage, le lobbying et d’autres outils visant à accroître la consommation de produits afin d’augmenter les profits.
Les pratiques commerciales contribuent de manière significative au fardeau mondial des MNT telles que l’obésité et les MCV, 44 % des décès liés aux MNT dans le monde étant associés à des produits etpratiques commerciales⁶¹. Les pratiques commerciales de l’industrie agroalimentaire ont un impact particulièrement néfaste sur la prévalence de l’obésité et des MCV. Ces pratiques ont conduit à la prolifération d’aliments malsains, bon marché, accessibles, ultra-transformés et pratiques, mais néfastes pour la santé de la population.
Les personnes présentant une prédisposition génétique à l’obésité sont plus sensibles aux facteurs environnementaux défavorables tels que l’alimentation, le stress, le niveau d’activité physique et l’exposition à des substances chimiques, qui peuvent tous influencer les modifications épigénétiques.
Un autre déterminant biologique important de l’obésité est la composition du microbiote intestinal, qui joue un rôle clé dans la digestion, l’extraction d’énergie et le métabolisme. Le microbiote intestinal contribue à l’équilibre énergétique en régulant la production d’acides gras à chaîne courte (AGCC), qui influencent le stockage de l’énergie et l’accumulation de graisse. Les altérations de la composition du microbiote, appelées dysbiose intestinale, sont associées à des troubles métaboliques, notamment l’obésité.

Une perte de poids modeste, de l’ordre de 5 à 10 %, peut entraîner une amélioration significative des facteurs de risque cardiovasculaires, tels que l’hypertension, la dyslipidémie et l’insulinorésistance, tandis qu’une perte de poids plus importante est associée à des bénéfices plus marqués, notamment une diminution de l’incidence des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux.
Bien que les patients suivant un programme de perte de poids aient réussi à perdre plus de 5 % de leur poids, le maintien de cette perte de poids à long terme peut s’avérer difficile pour des raisons multifactorielles.
La prévention de l’obésité et des maladies cardiovasculaires liées à l’obésité à l’âge adulte doit, dans l’idéal, commencer dès l’enfance, voire avant. Cela implique notamment de s’attaquer aux facteurs de risque de l’obésité infantile, tels que l’obésité maternelle, le diabète maternel, un poids élevé pour l’âge gestationnel ou un allaitement maternel de moins de six mois, entreautres⁷⁰. Le dépistage précoce de l’obésité infantile devrait inclure l’évaluation de l’IMC en fonction de l’âge et du sexe, l’évaluation de l’activité physique et une éducation nutritionnelle dans le cadre des programmes scolaires. Tous les adultes devraient faire l’objet d’un dépistage comprenant la mesure de l’IMC, du rapport taille-hanches, du tour de taille, ainsi que la recherche d’une intolérance au glucose à jeun, d’un prédiabète ou d’un diabète, et d’un essoufflement non lié à d’autres pathologies.
Les cliniciens jouent un rôle essentiel dans la prise en charge de l’obésité afin de prévenir et de traiter les maladies cardiovasculaires ; ils doivent évaluer l’état pondéral de leurs patients et contribuer à la mise en œuvre d’interventions individualisées et fondées sur des données probantes visant à favoriser la perte de poids et à réduire le risque de maladies cardiovasculaires, notamment en orientant les patients vers des cliniciens spécialisés. Une prise en charge globale et à long terme de l’obésité repose sur une approche multidisciplinaire pouvant s’appuyer sur une gestion intensive du mode de vie et la mise en place d’un continuum de soins avec un médecin généraliste, comprenant, sans s’y limiter :





Chez les adultes présentant un surpoids de plus en plus important, la chirurgie mini-invasive peut constituer un traitement efficace à long terme : environ 90 % des patients parviennent à perdre au moins 15 à 40 % de leur poids et constatent une amélioration des troubles liés à l'obésité.
Les médicaments contre l'obésité, lorsqu'ils sont associés à des mesures visant à modifier le mode de vie, peuvent s'avérer efficaces pour favoriser la perte de poids et, s'ils sont utilisés à bon escient, pour la maintenir à longterme⁷². Ces médicaments peuvent inclure des stimulants, des agents agissant sur le système nerveux central et des agents provoquant une malabsorption gastro-intestinale.
Recently, more novel treatments known as glucagon-like peptide-1 receptor agonists (GLP-1RAs) and their analogues (originally developed to treat diabetes) are used in treatment plans. GLP-1RAs are naturally occurring incretins released by the intestine after a meal that work by delaying gastric emptying, thus acting peripherally to decrease hunger, and increase insulin sensitivity, among other effects. GLP-1RAs and their analogues are shown to treat cardiometabolic disease by improving outcomes across several areas—including weight loss, waist circumference, glucose control, dyslipidaemia, diabetes, blood pressure, and inflammation—decreasing major adverse cardiovascular events for secondary prevention73, and improving symptoms in patients with heart failure with preserved ejection fraction (HFpEF)74,75. There is growing evidence that these classes of medications benefit all organ systems through decreasing inflammation and increasing weight loss76. Tirzepatide, a dual GLP-1RA/GIP analogue, is the first medication that has been FDA approved to treat obstructive sleep apnea74.
GLP-1RAs have transformed the medical management of obesity as earlier medications provided modest weight loss (<5-10%) and had challenging side effects for patients72.
L'obésité peut compliquer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies cardiovasculaires.
Cela souligne l'importance d'une approche multidisciplinaire pour la prise en charge de l'obésité dans le cadre des maladies cardiovasculaires, et de l'intégration de stratégies médicales, liées au mode de vie, pharmacologiques et/ou chirurgicales adaptées aux besoins de chaque patient. Compte tenu de la forte prévalence de l'obésité au sein des populations souffrant de troubles cardiovasculaires, les futures recommandations cliniques devraient inclure des conseils spécifiques à l'obésité afin d'améliorerles résultats pour lespatients⁷⁷.
1
DIAGNOSTIC

La présence d'un excès de graisse (tissu adipeux) peut entraîner :
2
TRAITEMENT

L'obésité modifie considérablement la pharmacocinétique et la pharmacodynamique des médicaments, ce qui influe sur la manière dont ceux-ci sont absorbés, distribués, métabolisés et éliminés. Par exemple :
Bien que les nouveaux médicaments (par exemple, les agonistes des récepteurs du GLP-1) permettent une perte de poids importante, leurs effets sur la santé mentale sont mitigés, ce qui nécessite des recherches supplémentaires à long terme.
3
DIRECTION

4
AUTRES

Dans certains cas, les traitements destinés à soigner les maladies cardiovasculaires et d’autres problèmes de santé peuvent contribuer à l’obésité, généralement sous forme d’effet secondaire. Par exemple :

Outre les interventions axées sur les individus, les interventions de santé publique jouent un rôle essentiel dans la réduction de l'incidence et de l'impact de l'obésité etdes maladies cardiovasculaires¹. Parmi celles-ci, on peut citer :
Toute politique de lutte contre l'obésité doit s'attaquer aux inégalités en matière de santé en accordant la priorité aux populations défavorisées qui rencontrent davantage d'obstacles à l'adoption d'un mode de vie sain. Il s'agit notamment de garantir l'accès aux soins de santé, de cibler les interventions sur les communautés à faibles revenus et d'adapter les politiques aux contextes culturels et sociaux.
APPROCHES À L'ÉCHELLE DE LA VILLE
Une approche à l'échelle de la ville offre un cadre cohérent dans lequel diverses interventions dans les domaines de la santé, de l'urbanisme, des transports et de l'éducation, entre autres, peuvent contribuer à créerdes environnements plussains⁸¹. Par exemple, les politiques en faveur de villes saines mettent l'accent sur la conception d'environnements qui favorisent l'activité physique et l'accès à une alimentation nutritive, tandis que les initiatives d'urbanisme, telles que la création de quartiers piétonniers, le développement des infrastructures cyclables et l'augmentation des espaces verts, encouragent les modes de transport actifs et l'activité physique récréative.
INTERVENTIONS LIÉES À LA NUTRITION ET À L’
ALIMENTAIRE
Il existe plusieurs initiatives réglementaires, fiscales et programmatiques que les gouvernements peuvent mettre en œuvre pour réduire l’incidence de l’obésité et des MCV. Par exemple, de nombreux gouvernements ont imposé avec succès des politiques fiscales sur les boissons sucrées et les aliments malsains, ce qui décourage la consommation tout en générant des recettes publiques destinées àla promotion de la santé⁸⁴.
INTERVENTIONS COMPORTEMENTALES ET ÉDUCATIVES
Les campagnes de santé publique visant à modifier les comportements peuvent inclure des campagnes médiatiques de sensibilisation à l’importance d’une alimentation saine etde l’activité physique⁸⁸,⁸⁹, des programmes scolaires visant à promouvoir des habitudes durables grâce à une éducation à la nutrition et à la forme physique, ainsi que des initiatives de bien-être sur le lieu de travail destinées à inciter les employés à adopterdes modes de vie plus sains⁸⁸,⁹⁰.
INTÉGRATION DES POLITIQUES ET COOPÉRATION INTER
ELa lutte contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires nécessite d’intégrer les objectifs de santé dans les politiques de divers secteurs, tels que les transports, l’urbanisme, l’éducation et l’agriculture. La collaboration multisectorielle garantit que les considérations sanitaires soient prises en compte dans les politiques non sanitaires, maximisant ainsi leur impact surla santé de la population1,84,85,91.
INTERVENTIONS AU SEIN DU SYSTÈME DE SANTÉ
Il est essentiel de mettre en place des interventions visant à aider les systèmes de santé à fournir des services de santé abordables, accessibles et durables pour prévenir, traiter et prendre en charge l’obésité. Le « Cadre de l’OMS pour la prestation de services de santé en matière de prévention et de prise en charge de l’obésité » de 2023 fournit aux pays des orientations sur la manière d’intégrer et d’organiser les services de prévention et de prise en charge de l’obésité dans l’ensemble du système de santé, en mettant l’accent sur l’application d’une approche de soins primaires, chroniques et intégrés.

1
PLAN D'ACTION MONDIAL POUR LA PRÉVENTION ET LA LUTTE CONTRE LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES (2013-2020, PROLONGÉ JUSQU'EN 2030)
Présentation : Le « Plan d’action mondial » de l’OMS fournit aux pays une feuille de route pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies nationales visant à prévenir et à prendre en charge les maladies non transmissibles (MNT), notamment l’obésité, dans le but de réduire de 25 % les décès prématurés dus aux MNT d’ici 2025. Ce plan comprend des objectifs spécifiques et des actions clés dans divers domaines, en mettant l’accent sur la réduction des facteurs de risque tels qu’une alimentation malsaine, la sédentarité, le tabagisme et la consommation nocive d’alcool. Le cadre de suivi élaboré pour évaluer les progrès réalisés dans la réduction du fardeau des MNT comprend un ensemble d’indicateurs liés à neuf objectifs volontaires.
2
PLAN D'ACCÉLÉRATION POUR LUTTER CONTRE L'OBÉSITÉ (2022)
Présentation générale : Le « Plan d’accélération pour en finir avec l’obésité » de l’OMS vise à stimuler et à soutenir les actions multisectorielles au niveau national, sur la base de politiques fondées sur des données probantes. Il adopte une approche systématique pour lutter contre l’obésité en aidant les pays à surmonter les difficultés liées à la mise en œuvre et à obtenir des résultats. Cela passe notamment par un ensemble cohérent de recommandations politiques qui se sont avérées efficaces, abordables, adaptables et évolutives, afin d’apporter des résultats positifs aux personnes en situation d’obésité.

Protection des personnes contre la publicité trompeuse en faveur d'aliments malsains.

Taxes sur les aliments malsains et reformulation des produits alimentaires.

Promotion de l'activité physique et de l'éducation nutritionnelle dans les écoles.

Une meilleure intégration de la prévention et du traitement de l'obésité dans les services de soins de santé primaires, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire où les ressources sont limitées.
3
LA STRATÉGIE MONDIALE SUR L'ALIMENTATION, L'ACTIVITÉ PHYSIQUE ET LA SANTÉ (2024)
Présentation : La « Stratégie mondiale de l’OMS sur l’alimentation, l’activité physique et la santé » vise à réduire la charge mondiale des maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires et l’obésité, grâce à une amélioration de l’alimentation et de l’activité physique. Cette stratégie définit des objectifs et des mesures clairs destinés à atténuer les facteurs de risque contribuant à ces maladies.
1
Réduire les facteurs de risque liés aux maladies non transmissibles qui découlent d'une alimentation malsaine et de la sédentarité, grâce à des actions essentielles en matière de santé publique et à des mesures visant à promouvoir la santé et à prévenir les maladies.
2
Améliorer la sensibilisation et la compréhension générales concernant l'influence de l'alimentation et de l'activité physique sur la santé, ainsi que l'impact positif des interventions préventives.
3
Encourager l'élaboration, le renforcement et la mise en œuvre de politiques et de plans d'action aux niveaux mondial, régional, national et local visant à améliorer l'alimentation et à accroître l'activité physique, qui soient durables, globaux et impliquent activement tous les secteurs, y compris la société civile, le secteur privé et les médias.
4
Suivre les données scientifiques et les principaux facteurs influençant l'alimentation et l'activité physique, soutenir la recherche dans un large éventail de domaines pertinents, y compris l'évaluation des interventions, et renforcer les ressources humaines nécessaires dans ce domaine afin d'améliorer et de préserver la santé.
4
LE PLAN D'ACTION MONDIAL DE L'OMS SUR L'ACTIVITÉ PHYSIQUE (2018-2030)
Présentation générale : Ce plan répond aux appels lancés à l’échelle mondiale en faveur d’une action et d’une coordination renforcées pour inverser les tendances en matière d’inactivité physique, l’un des principaux facteurs contribuant aux maladies non transmissibles, et définit un cadre multisectoriel à l’échelle du système visant à promouvoir l’activité physique par le biais de l’aménagement urbain, de l’éducation, des systèmes de santé, des transports, du sport et de l’engagement communautaire. Il complète le « Plan d’action mondial contre les maladies non transmissibles 2013-2020 » de l’OMS.
Objectif : réduction relativede 15 % de la prévalence mondiale de la sédentarité chez les adultes et les adolescents d’ici 2030, en prenant 2016 comme année de référence.
1
Créer des sociétés actives, en s'appuyant sur quatre mesures politiques visant à faire évoluer les normes et les attitudes sociales dans ce sens.
2
Créer des environnements propices à l'activité physique, grâce à cinq mesures politiques visant à mettre en place des infrastructures sûres et accessibles.
3
Favoriser l'activité physique, grâce à six mesures politiques visant à élargir l'accès aux programmes et aux opportunités.
4
Mettre en place des systèmes opérationnels, soutenus par cinq mesures stratégiques visant à renforcer la gouvernance, les partenariats et les systèmes de données.
5
DÉCENNIE D'ACTION DES NATIONS UNIES POUR LA NUTRITION (2016-2025)
Présentation : L'ONU a lancé cette initiative mondiale afin de lutter contre la malnutrition sous toutes ses formes, notamment la sous-alimentation, les carences en micronutriments et la suralimentation, en mettant l'accent sur la promotion d'une alimentation saine pour améliorer la santé publique. Elle s'inscrit dans le cadre de la stratégie plus large de l'ONU visant à atteindre les Objectifs de développement durable.
1
Des systèmes alimentaires durables et résilients pour une alimentation saine.
2
Des systèmes de santé coordonnés assurant une couverture universelle des mesures nutritionnelles essentielles.
3
Protection sociale et éducation nutritionnelle.
4
Commerce et investissement au service d'une meilleure nutrition.
5
Des environnements sûrs et favorables à une bonne nutrition à tous les âges.
6
Renforcement de la gouvernance et de la responsabilisation en matière de nutrition.
Bien que ces mesures ne s'accompagnent pas d'objectifs précis, elles constituent des orientations utiles pour les gouvernements qui souhaitent mettre en œuvre des politiques et des stratégies visant à améliorer la nutrition, ce qui aura à son tour un impact sur la prévalence et la mortalité liées aux maladies cardiovasculaires.
6
À VENIR : DOSSIER TECHNIQUE DE L'OMS POUR LUTTER CONTRE L'OBÉSITÉ
À l'occasion de la Journée mondiale contre l'obésité 2025 (le 4 mars), l'OMS a annoncé le lancement d'un nouveau « dossier technique pour lutter contre l'obésité » qui va au-delà du « Plan d'accélération pour lutter contre l'obésité » de l'OMS. Selon l'annonce, « ce dossier technique propose une approche pratique et concrète d'interventions dont l'efficacité a été prouvée, sélectionnées par les pays en fonction de leurs propres priorités et adaptées au contexte local ».

1
Tous les pays devraient mettre en œuvre des mesures de santé publique fondées sur des données probantes et rentables pour lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires, et donner la priorité à des politiques globales, intégrées et axées sur l’équité, s’appuyant sur des données nationales concernant la variation des déterminants selon les groupes de population. La mise en œuvre devrait s’appuyer sur des cadres et des outils mondiaux. Parmi les actions prioritaires figurent l’élaboration de feuilles de route nationales contre l’obésité assorties d’objectifs précis, la mise en place de politiques multisectorielles abordant l’ensemble des déterminants de l’obésité, ainsi que la garantie d’une meilleure intégration de la prévention et du traitement de l’obésité dans les services de soins de santé primaires.
2
Les campagnes et les politiques de santé publique doivent lutter contre la stigmatisation de l’obésité, notamment en utilisant un langage qui met l’accent sur la personne, et en reconnaissant que cette stigmatisation constitue un obstacle à la lutte contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Cela implique de prendre en compte les déterminants généraux de l’obésité et de mettre en œuvre une législation visant à lutter contre la discrimination à l’égard des personnes en surpoids ou obèses. Pour obtenir les meilleurs résultats possibles, la conception des campagnes et des initiatives politiques devrait associer les personnes vivant avec l’obésité et des maladies cardiovasculaires.
1
Les recommandations en matière de santé cardiovasculaire devraient inclure des conseils spécifiques à l'obésité afin de garantir que la prise en charge des maladies cardiovasculaires soit correctement adaptée aux personnes en situation d'obésité. Cela implique notamment de doter les professionnels de santé des connaissances, des conseils et des outils nécessaires pour prévenir, prendre en charge et traiter l'obésité de manière optimale.
2
Les initiatives de formation des professionnels de santé et de renforcement du système de santé en matière d’obésité et de maladies cardiovasculaires devraient mettre l’accent sur la promotion de soins intégrés et centrés sur la personne et, dans la mesure du possible, tenir compte des disparités en matière de risque d’obésité, de prévalence et d’accès aux soins.
3
Les gouvernements devraient redoubler d'efforts pour améliorer l'accès aux médicaments contre l'obésité, tels que les agonistes des récepteurs du GLP-1, et en réduire le coût.
4
Les gouvernements devraient redoubler d'efforts pour mieux faire connaître au grand public les programmes spécialisés de modification du mode de vie, notamment ceux destinés aux enfants et aux adolescents, et pour en améliorer la disponibilité et l'accessibilité.
Les pouvoirs publics, le monde universitaire, le secteur privé et d’autres acteurs doivent collaborer afin de renforcer les efforts en matière de recherche et de collecte de données, dans le but d’améliorer la lutte contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Les mesures à prendre comprennent, sans s’y limiter :
1
Accroître les investissements et renforcer la collaboration en matière de recherche afin, notamment, d'améliorer les recommandations relatives à la prise en charge et au traitement optimaux de l'obésité chez les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires.
2
Améliorer la collecte de données aux niveaux mondial et régional afin de mieux cerner les niveaux et les tendances mondiaux de l'obésité ainsi que la mortalité et la morbidité qui lui sont imputables. Les estimations existantes sont issues de modèles statistiques complexes (voir l'annexe en ligne) ; toutefois, les données sur lesquelles reposent ces modèles présentent d'importantes lacunes, en particulier dans certaines zones géographiques où le caractère limité des données entraîne un degré élevé d'incertitude dans les estimations finales.
3
Remédier aux lacunes des données concernant les principaux facteurs de l'obésité. Celles-ci entravent les efforts de lutte contre cette maladie — notamment en raison du manque de données harmonisées et comparables sur des facteurs tels que le niveau d'éducation, la profession et le revenu — et nous empêchent de déterminer si l'épidémie d'obésité touche les différents sous-groupes de population de manière égale et au même rythme.
4
Donner la priorité à la diffusion et à la mise en œuvre des travaux de recherche qui examinent les facteurs socio-économiques, culturels et environnementaux locaux influençant l'obésité, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
5
Donner la priorité aux travaux de recherche qui examinent l'impact des déterminants sociaux de la santé (par exemple, la pauvreté, le faible niveau d'éducation, la précarité du logement, l'urbanisation, l'insécurité alimentaire, l'accès aux soins de santé) sur l'obésité et les risques cardiométaboliques.
6
Soutenir la formation et le développement professionnel de la prochaine génération de chercheurs et de cliniciens s'intéressant à la recherche sur l'obésité à toutes les étapes de la vie.
7
Soutenir la recherche visant à élaborer et à tester des stratégies permettant d'évaluer l'efficacité des programmes de prévention de l'obésité destinés à la petite enfance et en milieu scolaire, et favoriser la généralisation de ces stratégies lorsqu'elles se sont avérées efficaces dans des contextes spécifiques.
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