À l'échelle mondiale, plus de 30 % des décès dus à des maladies cardiovasculaires sont imputables à la pollution atmosphérique — soit plus de trois millions de décès chaque année — et la pollution atmosphérique est le cinquième facteur de risque de mortalité le plus important, causant davantage de décès que l'hypercholestérolémie LDL, un indice de masse corporelle élevé, la sédentarité ou la consommation d'alcool.
Pourquoi la pollution atmosphérique ?
Ces dernières années, la pollution atmosphérique et son impact sur la santé des populations sont devenus un enjeu majeur de la santé mondiale. Neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air pollué, ce qui touche de manière disproportionnée celles qui vivent dans des milieux défavorisés. La pollution atmosphérique contribue fortement à la charge mondiale de morbidité : on estime en effet que 9 % de l’ensemble des décès survenus en 2017* sont imputables à la pollution atmosphérique extérieure et domestique**. Si les effets de la pollution atmosphérique sur les maladies respiratoires sont largement reconnus et immédiatement compris, 40 % des quelque 4,9 millions de décès estimés comme étant imputables à la pollution atmosphérique en 2017 sont dus à des maladies cardiovasculaires.
La pollution atmosphérique est un mélange complexe et dynamique de nombreux composés sous forme gazeuse et de particules, provenant de sources diverses, soumis à des transformations atmosphériques et variant dans l'espace et dans le temps. Trois polluants atmosphériques courants, les particules (PM), l'ozone et le dioxyde d'azote (NO₂), sont au cœur de la plupart des programmes de surveillance, des actions de communication, des évaluations d'impact sur la santé et des mesures réglementaires.
Les preuves des effets sur les maladies cardiovasculaires sont particulièrement solides en ce qui concerne les particules fines, qui sont responsables de la grande majorité de la charge de morbidité en raison de leurs effets sur les cardiopathies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux, ainsi que sur le cancer du poumon, la BPCO, les infections des voies respiratoires inférieures, le diabète de type 2, l’issue de la grossesse et la mortalité infantile qui y est liée. L’ozone est principalement associé à l’exacerbation des maladies respiratoires, à l’incidence et à la mortalité liées à la BPCO, ainsi qu’à des effets métaboliques.Le NO₂est souvent utilisé comme indicateur de la pollution atmosphérique liée au trafic routier. L’exposition chronique auNO₂est associée à l’apparition de l’asthme chez l’enfant, tandis que sa variabilité à court terme est associée à l’exacerbation de l’asthme et à une augmentation de la mortalité quotidienne.
* Bien qu’il existe d’autres estimations, chacune comportant ses propres incertitudes, toutes les estimations de la charge de morbidité attribuable à ce facteur sont importantes et occupent une place prépondérante par rapport aux facteurs de risque cardiovasculaires traditionnels et plus largement reconnus.
** La pollution de l'air intérieur est principalement un problème dans les pays à faibles revenus, où des combustibles polluants (charbon, bois, résidus agricoles, excréments d'animaux) sont utilisés pour la cuisine et le chauffage.
Note d'orientation de la WHF sur la pollution atmosphérique
Un air pur, des villes intelligentes, un cœur en bonne santé
La note d'orientation de la WHF sur la pollution atmosphérique souligne la nécessité de mettre en place des politiques et de réaliser des investissements visant à réduire la pollution atmosphérique à tous les niveaux de la société, notamment par le biais de transports plus propres, de logements économes en énergie, de la production d'électricité, de la réglementation industrielle, de l'accès à des carburants et technologies propres, ainsi que d'une meilleure gestion des déchets municipaux, autant de mesures susceptibles de réduire efficacement les principales sources de pollution atmosphérique.
La pollution atmosphérique est une priorité de plaidoyer de la WHF
La stratégie de plaidoyer de la WHFpour la période 2019-2021 définit comme suit l'objectif spécifique n° 2 :
Soutenir les actions menées à l'échelle mondiale et locale visant à réduire l'impact de la pollution atmosphérique sur la santé cardiaque, en nouant des partenariats avec des organisations œuvrant à la croisée des domaines de la santé, de la qualité de l'air et de l'activité physique.
Tout comme elle affecte tous les systèmes de l’organisme, la pollution atmosphérique nécessite une réponse multisystémique et multisectorielle. Le secteur de la santé dans son ensemble, qui subit les conséquences de la pollution atmosphérique, peut apporter un soutien indispensable aux ministères de l’Environnement, de l’Énergie et des Transports, traditionnellement chargés des efforts d’atténuation. La Fédération mondiale du cœur plaide auprès des hauts responsables des institutions gouvernementales nationales, régionales et mondiales pour qu’ils fassent des maladies cardiaques liées à la pollution atmosphérique une priorité et qu’ils identifient les mesures permettant de réduire la pollution atmosphérique et son impact sur les maladies non transmissibles.
Cependant, même si des mesures structurelles visant à réduire les émissions polluantes sont en fin de compte indispensables pour diminuer les expositions nocives, les professionnels de santé peuvent jouer plusieurs rôles importants avant que ces mesures ne soient mises en œuvre.
D'une part, les cliniciens peuvent plaider en faveur de la réduction de la pollution atmosphérique en tant que mesure de santé publique. D'autre part, ils peuvent proposer à leurs patients des mesures individuelles visant à réduire leur exposition et les risques associés. Enfin, les professionnels de santé peuvent intégrer la pollution atmosphérique dans leurs stratégies de prise en charge des maladies.
Par l'intermédiaire de son groupe d'experts sur la pollution atmosphérique, la WHF collabore avec l'OMS afin de favoriser l'élaboration et l'utilisation de recommandations cliniques et de guides pratiques consacrés à la pollution atmosphérique et aux maladies cardiovasculaires, dans le but de veiller à ce que ses membres soient en mesure de conseiller leurs patients sur les risques liés à la pollution atmosphérique, tout en soutenant les initiatives éducatives et politiques visant à réduire l'exposition à la pollution atmosphérique.
Un avenir radieux pour la santé cardiaque
Stratégie de plaidoyer de la WHF en matière de pollution atmosphérique 2019-2021
Groupe d'experts sur la pollution atmosphérique de la WHF
À la suite d'un appel à candidatures lancé à l'été 2019, dix éminents experts mondiaux en matière de pollution atmosphérique et de maladies cardiovasculaires ont été sélectionnés par le conseil d'administration de la WHF pour former le Groupe d'experts sur la pollution atmosphérique (APEG).
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