MISE EN ŒUVRE DE LA CESSATION
Le projet « Implement Cessation » vise à comprendre les facteurs favorables et les obstacles à la mise en œuvre d'interventions sélectionnées en matière de sevrage tabagique par les professionnels de santé dans des établissements de soins en Inde et au Kenya, ainsi qu'à élaborer une note d'orientation destinée à mener des actions de plaidoyer auprès des décideurs politiques sur la base des résultats de l'étude qualitative.
Contexte
Le Rapport sur la situation mondiale des maladies non transmissibles publié par l’Organisation mondiale de la santé estime que 80 % des décès dus à ces maladies surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI).¹Le tabac est un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires. Si la prévalence du tabagisme reste plus élevée dans les pays à revenu élevé, sa consommation augmente rapidement dans les PRFI.
Il est aujourd’hui impératif d’accélérer et de renforcer l’accompagnement à l’arrêt du tabac dans les pays à revenu faible et intermédiaire, grâce à des programmes efficaces. Cela est essentiel non seulement pour prévenir les maladies cardiovasculaires et les cancers, mais aussi pour réduire la mortalité prématurée due à ces pathologies et à plusieurs autres maladies chroniques (notamment la BPCO, les maladies rénales chroniques, les maladies hépatiques chroniques, etc.) pour lesquelles le tabac constitue un facteur de risque courant.
Le traitement de la dépendance à la nicotine est considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une intervention à faible coût et d’un bon rapport coût-efficacité, applicable à l’ensemble de la population, visant à réduire les facteurs de risque. Il est urgent d’apporter un soutien individuel à l’arrêt du tabac, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Cela se reflète dans l’article 14 de la Convention-cadre mondiale pour la lutte antitabac (CCLAT), qui porte sur les mesures de réduction de la demande concernant la dépendance au tabac et l’arrêt du tabac, ainsi que dans le volet « O » de l’initiative MPOWER de l’OMS, intitulé « Offrir une aide pour arrêter de fumer ».2,3
Plusieurs organisations mondiales de santé réputées, telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Fédération mondiale du cœur (WHF), The Union et d’autres, se sont montrées très actives dans le soutien apporté aux gouvernements nationaux des pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) pour la conception et la mise en œuvre des principales recommandations de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT), notamment en matière de sevrage tabagique.⁴, ⁵, ⁶Par exemple, la WHF envisage d’y parvenir en fournissant des conseils aux pays pour l’élaboration et l’adaptation de ses feuilles de route sur le tabac.
Il existe plusieurs types d'interventions visant à aider à arrêter de fumer, dont l'efficacité varie.
Le tableau ci-dessous présente un résumé de l'efficacité de certaines interventions visant à aider à arrêter de fumer (abstinence pendant au moins six mois).⁷
| Groupe d'intervention vs groupe témoin | Rapport de cotes (IC à 95 %) | De meilleures chances de réussir à arrêter de fumer |
| Conseil succinct du médecin ou absence de conseil | 1,66 (1,42-1,94) | 66% |
| Intervention infirmière vs soins habituels | 1,28 (1,18-1,38) | 28% |
| Thérapie de substitution nicotinique (TSN) par rapport à un placebo ou à une approche sans TSN | 1,58 (1,50 - 1,66) | 58% |
| Bupropion vs placebo | 1,94 (1,72 – 2,19) | 94% |
| Varénicline vs placebo | 2,33 (1,95-2,80) | 133% |
| Clonidine vs placebo | 1,63 (1,22-2,18) | 63% |
| Nortriptyline vs placebo | 2,34 (1,61 – 3,41) | 134% |
L’une des techniques de conseil bref par les médecins, fondée sur des données probantes et la plus répandue à l’échelle mondiale, est le modèle des 5A. Le modèle des 5A — à savoir « Ask » (demander), « Advise » (conseiller), « Assess » (évaluer), « Assist » (aider) et « Arrange » (organiser) — pour l’accompagnement à l’arrêt du tabac est une approche fondée sur des données probantes dont la faisabilité en médecine générale a déjà été démontrée.⁸Il comprend cinq composantes : « interroger » le patient sur sa consommation de tabac, « conseiller » d’arrêter de fumer, « évaluer » sa motivation à arrêter, « aider » le patient à entreprendre une tentative d’arrêt et « organiser » un suivi pour prévenir les rechutes [voir annexe].⁹
Le ministère indien de la Santé et du Bien-être familial a publié en 2011 des recommandations relatives au traitement du tabagisme, qui conseillent aux médecins de premier recours et aux professionnels de santé d’autres secteurs d’identifier et de prendre en charge chaque fumeur rencontré dans les établissements de santé. Ces recommandations précisent que tous les professionnels de santé doivent proposer un accompagnement selon les « 5A » dans le cadre des consultations de routine, et que des services spécialisés dans l’aide au sevrage tabagique doivent également être mis en place au sein des établissements de santé.10
Il existe actuellement un écart entre les données scientifiques disponibles et leur mise en œuvre. Par exemple, il a été démontré que les patients se rendant dans des établissements de soins de santé primaires en Inde ne bénéficiaient ni de conseils pour arrêter de fumer, ni d’orientation vers des centres d’aide au sevrage tabagique.11,12 Uneétude transversale quantitative antérieure menée en Inde a montré que les patients ayant déclaré avoir été « conseillés » d’arrêter de fumer, avoir fait l’objet d’une « évaluation » de leur motivation à arrêter et s’être vu proposer une « aide » au sevrage étaient plus satisfaits des services de conseil que ceux qui n’en avaient pas bénéficié (OR 9,6, 2,1 et 2,2 respectivement).¹⁰ De plus, les patients satisfaits des services de conseil étaient cinq fois plus susceptibles d’avoir l’intention d’arrêter de fumer et quatre fois plus susceptibles de recommander ces services à d’autres fumeurs.13Il a également été rapporté que les taux de concordance entre médecins et patients concernant les différentes composantes de la méthode des 5A variaient de 41,4 % pour « Organiser » à 76,4 % pour « Demander ». Cela met en évidence les disparités importantes qui existent entre ce qui se passe dans la pratique clinique courante et ce qui est perçu par les patients et les professionnels de santé comme les mesures prises en faveur de l’arrêt du tabac.
Une étude menée en Inde a révélé que les taux d'abstinence continue observés dans le groupe sous traitement étaient nettement plus élevés (plus du double de ceux du groupe sous accompagnement psychologique) que dans le groupe sous accompagnement psychologique seul.14
Dans le cas du Kenya, l’enquête menée au Kenya dans le cadre du projet ITC (International Tobacco Control Policy Evaluation) a révélé qu’environ les trois quarts (76 %) des consommateurs de tabac sont favorables à une interdiction des produits du tabac d’ici dix ans si le gouvernement mettait en place des mesures d’accompagnement, telles que des centres d’aide au sevrage.15Cette même enquête a également montré que les consommateurs de tabac au Kenya n’ont pas facilement accès aux sources d’aide au sevrage. Seul un cinquième (20 %) des fumeurs a déclaré avoir consulté un professionnel de santé au cours des six derniers mois. Parmi les fumeurs ayant consulté un médecin, seuls 35 % se sont vu conseiller d’arrêter de fumer, un pourcentage apparemment inférieur à celui observé dans la plupart des autres pays à revenu faible ou intermédiaire participant à l’ITC. Parmi ceux à qui l’on a conseillé d’arrêter, 82 % ont déclaré que ce conseil les avait incités à envisager d’arrêter de fumer.¹⁵ Naturellement, l’une des principales recommandations de l’équipe de l’ITC au Kenya a été de mettre en place des services d’aide au sevrage pour soutenir les fumeurs souhaitant arrêter.
Le Kenya a signé et ratifié la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) en juin 2004, et celle-ci est entrée en vigueur le 27 février 2005. La loi kenyane de 2007 sur la lutte antitabac est entrée en vigueur en juillet 2008, fournissant le cadre juridique nécessaire à la mise en œuvre des politiques découlant de la CCLAT au Kenya.16Le Plan d’action national de lutte antitabac (NTCAP) 2010-2015 a répertorié toute une série d’interventions efficaces visant à motiver et à soutenir les personnes qui tentent d’arrêter de fumer, notamment des conseils succincts prodigués par des professionnels de la santé et des services sociaux, tels que les médecins, dentistes, infirmiers et pharmaciens, ainsi que par des professionnels de santé paramédicaux, des services de soutien et d’accompagnement comportemental, la pharmacothérapie, ainsi que le conseil et l’orientation par des professionnels de santé.¹⁷Un accompagnement à l’arrêtdu tabacest disponible dans certains hôpitaux, cabinets de professionnels de santé, dispensaires ou établissements de soins primaires, ainsi que dans des centres communautaires.¹⁸Les substituts nicotiniques et le bupropion sont vendus légalement au Kenya, mais pas la varénicline.¹⁸
Une étude menée au Kenya a révélé que 73 % des personnes interrogées (professionnels de santé) avaient correctement identifié le modèle des « 5A » comme une intervention comportementale recommandée, et que 66,3 % d’entre elles avaient correctement identifié les conseils prodigués par un professionnel de santé comme une intervention comportementale recommandée pour le sevrage tabagique.19Cette même étude a également montré que plus de la moitié des personnes interrogées n’avaient pas correctement identifié les différents médicaments destinés au sevrage tabagique. La gomme à la nicotine n’a été correctement identifiée que par 41 % des personnes interrogées, tandis que le patch à la nicotine n’a été correctement identifié que par 35 % d’entre elles. Seuls 18 % et 11,5 % des personnes interrogées ont respectivement identifié correctement les pastilles à la nicotine et le bupropion comme médicaments destinés à l’arrêt du tabac.
La plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI) ne disposent pas de données qualitatives de bonne qualité permettant de comprendre en profondeur le fonctionnement de leur système de santé, notamment en ce qui concerne le sevrage tabagique : parcours de soins, orientation vers des spécialistes et coordination des services entre les professionnels de santé et les travailleurs sociaux à différents niveaux de prise en charge. Il est également impératif de comprendre les obstacles et les facteurs favorables à la mise en œuvre, dans ces pays, d’interventions efficaces de sevrage tabagique au sein des établissements de santé. Cette question doit être traitée de toute urgence, compte tenu de l’absence de mise en place de services d’accompagnement au sevrage dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, ce qui n’est possible qu’en comprenant les points de vue des différentes parties prenantes, telles que les patients, les professionnels de santé et les décideurs politiques. C’est pourquoi la présente étude qualitative a été planifiée dans deux pays à revenu faible ou intermédiaire, à savoir l’Inde et le Kenya, dans l’espoir que ses résultats constituent une base pour mener des actions de plaidoyer auprès des différentes parties prenantes de ces pays et, à terme, contribuent à l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes ainsi qu’à la mise en œuvre de services d’aide au sevrage tabagique.
Méthodologie
Contexte de l'étude
Deux sites d’étude en Inde et deux au Kenya ont été sélectionnés. En Inde, il s’agira d’un site dans le nord du pays (New Delhi et un district de l’État de l’Haryana, à déterminer) et d’un autre dans le sud (les districts d’Ernakulam et de Thiruvananthapuram, situés dans l’État du Kerala). De même, les sites d’étude au Kenya seront le comté de Nairobi (capitale) et une zone rurale de la région occidentale, dans le comté de Nyanza. Ces deux pays ont été sélectionnés de manière stratégique, car le Kenya et l’Inde sont tous deux des pays à revenu faible ou intermédiaire et se trouvent respectivement aux première et deuxième étapes de l’épidémie de tabagisme. De même, la sélection des sites d’étude au sein de ces pays a été effectuée de manière stratégique en fonction de leur faisabilité.
Protocole de l'étude
Une approche qualitative reposant sur des entretiens semi-structurés a été retenue afin de garantir que les croyances, les perceptions, les attitudes et les contextes soient correctement pris en compte dans notre étude.
Taille de l'échantillon
Un maximum de 100 entretiens (50 en Inde et 50 au Kenya) seront menés. Ce nombre a été fixé en tenant compte des contraintes de temps et des ressources disponibles.
Échantillonnage
Sur un maximum de 50 entretiens respectivement en Inde et au Kenya, environ 20 à 30 concerneront le nord de l'Inde et le centre du Kenya, et environ 20 à 30 le sud de l'Inde et l'ouest du Kenya. Parmi ces 20 à 30 entretiens dans chaque région, on estime que 8 à 12 concerneront des patients, 8 à 12 d’autres des professionnels de santé (PS) et les 4 à 6 restants des informateurs clés et des décideurs politiques. Les participants seront sélectionnés à l’aide d’un échantillonnage raisonné et d’une technique d’échantillonnage en boule de neige, en fonction des besoins locaux.
Les patients seront sélectionnés au sein des établissements de santé en fonction de leurs caractéristiques personnelles, telles qu’elles ressortiront des entretiens avec leurs médecins traitants. Les entretiens auront lieu dans un lieu choisi par le patient. Selon ses préférences, le lieu de l’entretien pourra être l’établissement de santé, le domicile du patient ou son lieu de travail.
Les rendez-vous seront pris par e-mail, par téléphone ou lors de visites en personne, selon les besoins. L’autorisation nécessaire sera obtenue auprès des autorités compétentes avant l’entretien. Après l’évaluation initiale de l’éligibilité et l’obtention du consentement éclairé, les participants seront interrogés à l’aide de grilles d’entretien semi-structurées. Des entretiens individuels approfondis et semi-structurés seront menés par du personnel formé à la conduite d’entretiens qualitatifs. La formation sera dispensée par les chercheurs qui possèdent déjà une expérience dans la conduite de recherches qualitatives. Les entretiens porteront sur les obstacles rencontrés au niveau des patients, des prestataires de soins et du système de santé, ainsi que sur les facteurs favorables qui influencent directement ou indirectement la mise en œuvre des interventions d’aide au sevrage tabagique dans le cadre des soins cliniques courants. Les entretiens dureront environ 40 à 45 minutes.
Outils
Les entretiens seront menés dans les langues locales propres à chaque pays ou en anglais, selon le cas, en fonction des préférences des participants. Trois guides d’entretien distincts seront élaborés : un pour les patients, un pour les professionnels de santé et un pour les informateurs clés et les décideurs politiques. Les spécificités de chaque pays seront intégrées avant la mise en place d’un projet pilote visant à les tester séparément en Inde et au Kenya. Les guides d’entretien seront traduits dans la langue locale de chaque pays. Tous les entretiens feront l’objet d’un enregistrement audio. Les notes supplémentaires et les indices non verbaux seront consignés par l’enquêteur.
Plan d'analyse des données qualitatives
Les entretiens seront enregistrés et transcrits intégralement dans leurs langues respectives. Après une transcription mot pour mot dans la langue maternelle, les transcriptions seront traduites en anglais avant d’être analysées à l’aide du logiciel d’analyse qualitative NVivo 10 de QSR International. Les données feront l’objet d’une analyse à la fois déductive et inductive. Des codes et sous-codes appropriés seront générés. Les données feront l'objet d'une analyse thématique afin de dégager les thèmes et sous-thèmes pertinents. Les entretiens menés dans les langues locales seront transcrits et l'analyse sera réalisée par des chercheurs maîtrisant parfaitement ces langues.
Plan de diffusion et de publication
Une note d’orientation sera élaborée à partir des résultats de l’étude. Elle servira à la diffusion et au plaidoyer auprès des décideurs politiques, ce qui devrait contribuer aux efforts actuellement menés par les gouvernements indien et kényan ainsi que par de grandes organisations telles que la WHF. Par exemple, ces résultats pourraient venir compléter les activités actuelles ou futures de la feuille de route de la WHF en matière de lutte antitabac dans ces pays, afin de favoriser la mise en œuvre de services d’aide au sevrage tabagique. Des efforts seront également déployés pour présenter ces résultats lors de grandes conférences et les publier dans des revues prestigieuses, soucieuses de diffuser des études de qualité relatives à la lutte antitabac dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les activités de diffusion et de plaidoyer seront menées sur trois sites, à savoir à New Delhi et Ernakulam en Inde, ainsi qu’à Nairobi au Kenya.
Voici les objectifs visés en matière de diffusion et de sensibilisation dans le cadre du présent projet :
- Sensibiliser les groupes d'influence et le grand public à l'importance de la mise en œuvre d'interventions de sevrage tabagique fondées sur des données probantes.
- Promouvoir la mise en œuvre efficace et équitable des politiques existantes relatives aux interventions et aux services d'aide au sevrage tabagique étudiés dans le cadre du présent projet.
- Maintenir l'implication des décideurs, des professionnels de santé et du grand public dans la gestion des services d'aide au sevrage tabagique, grâce à la diffusion des informations issues de l'étude qualitative.
État d'avancement à ce jour
Collecte des données
La collecte des données est terminée.
Au total, 109 entretiens approfondis ont été menés en Inde et au Kenya. Parmi ceux-ci, 54 ont eu lieu en Inde et 55 au Kenya.
En Inde, 24 patients, 22 professionnels de santé et 8 décideurs politiques ont été interrogés.
Au Kenya, 19 patients, 25 professionnels de santé et 11 décideurs ont été interrogés.
Analyse
L'analyse qualitative a été réalisée à l'aide d'une analyse de contenu pour l'ensemble des entretiens, et un résumé a été rédigé. Le logiciel NVivo version 10 a été utilisé pour l'analyse des données.
Activités de diffusion et de sensibilisation
Il est prévu de soumettre des articles issus de ce projet à des revues en vue de leur publication. Des présentations orales et par affiches lors de congrès, notamment le WCC 2018, ont également été programmées. En outre, les actions suivantes ont été menées ou sont prévues.
Inde
Au Kerala,
- Une séance d'information destinée au grand public, à laquelle ont assisté environ 80 à 100 personnes, avec un communiqué de presse prévu le 28 décembre 2017.
- Une séance d'information destinée aux élèves de l'école de police et aux enseignants de certaines écoles, à laquelle ont participé entre 60 et 70 élèves et enseignants.
- Une action de diffusion et de sensibilisation destinée aux équipes des centres de santé primaires urbains (médecin et inspecteur sanitaire) – Environ 50 professionnels de santé sont attendus. Cette action se déroulera au cours de la dernière semaine de décembre et de la première semaine de janvier.
Outre le Kerala, l'équipe du projet a mené des actions de plaidoyer auprès des particuliers par le biais de contacts personnels lors des réunions du projet « Roadmap » de la WHF et des dialogues politiques organisés à Delhi et à Chennai.
Kenya
L'équipe du projet est retournée voir les décideurs politiques et leur a fait part de ses observations et des retours d'expérience recueillis sur le terrain, ce à quoi ceux-ci se sont montrés très réceptifs. La diffusion des résultats du projet auprès d'eux est également prévue. À ce jour, suite à ces retours, le ministère de la Santé et l'OMS ont organisé une formation sur le sevrage tabagique à l'intention de 25 professionnels de santé.
Mme Yvonne Olando a rejoint le groupe de travail technique chargé du plan stratégique national 2017-2022 afin de s'assurer que tous les aspects liés au sevrage tabagique soient pris en compte. Il lui a été demandé d'apporter son soutien à la mise en place d'une clinique de sevrage tabagique au sein du principal centre de santé mentale. Elle a également travaillé sur deux propositions relatives au sevrage tabagique pour différentes ONG. Il est prévu de présenter ces résultats lors de plusieurs tables rondes en marge d’un prochain symposium organisé dans l’une des universités publiques du Kenya.
L'équipe
Holly Gray travaille dans le domaine de la santé publique et du bien-être depuis cinq ans, après avoir obtenu un master en santé publique à l’Imperial College de Londres. Son parcours professionnel s’est concentré sur les campagnes de promotion de la santé et le développement d’interventions numériques visant à favoriser l’engagement en matière de santé, axées sur les comportements et modes de vie sains. Elle possède une expérience acquise au sein de divers systèmes de santé à l’échelle mondiale (États-Unis, Royaume-Uni et Asie), tant dans le secteur public que privé. Elle a récemment pris ses fonctions de responsable de l'engagement en matière de santé et des affaires publiques chez Bupa Global, une entreprise présente dans plus de 190 pays. Auparavant, elle gérait les partenariats de Bupa avec les ONG tout en occupant le poste de conseillère en prévention et bien-être. Elle s'intéresse particulièrement à l'égalité en matière de santé et au changement de comportement.
Yvonne Olando est titulaire d'un master en psychologie clinique de la Faculté de médecine de l'Université de Nairobi. Elle est formatrice au sein de l'association SAPTA Trust. Elle intervient en tant que formatrice en sevrage tabagique auprès de l'Agence nationale de lutte contre les stupéfiants du Kenya (NACADA) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - Bureau régional pour l'Afrique (AFRO). Elle a eu le privilège de former des professionnels de santé à la lutte contre le tabagisme dans différents pays africains. Yvonne a participé à la rédaction de recommandations cliniques sur le sevrage tabagique pour sept pays et a également évalué sept cliniques de sevrage tabagique à Maurice. Auparavant, elle a travaillé pendant cinq ans au sein d’un programme de réadaptation destiné aux personnes souffrant de dépendance aux substances.
En tant que maître de conférences à l’Université de Maurice, Marie travaille dans le domaine de la lutte antitabac, en particulier sur les services d’aide au sevrage tabagique. En tant que chercheuse au sein de l’équipe mauricienne, elle a participé au projet international d’évaluation des politiques de lutte antitabac (International Tobacco Control Policy Evaluation Project) ainsi qu’à l’analyse de la situation du tabac en Afrique (African Tobacco Situational Analysis). En tant que militante de la lutte antitabac, Marie est membre du comité de pilotage national pour la lutte antitabac. En tant que médecin diplômée, elle est titulaire d’un diplôme universitaire en méthodes et pratiques d’épidémiologie de l’université de Bordeaux, en France, ainsi que d’un diplôme de troisième cycle en santé publique de l’université du Staffordshire, au Royaume-Uni.
Catriona Jennings occupe depuis 2002 le poste de coordinatrice européenne des infirmières de recherche au sein du département de médecine cardiovasculaire du Centre international pour la santé circulatoire de l’Imperial College de Londres. Elle a coordonné à la fois des essais contrôlés randomisés (ECR) et des enquêtes. L’ECR en grappes EUROACTION a été mené dans huit pays et 24 centres en Europe entre 2002 et 2006. Catriona a dirigé l’équipe multidisciplinaire londonienne chargée de former le personnel du projet et d’élaborer les supports destinés aux professionnels de santé ainsi que les supports pédagogiques. Depuis 2006, elle a coordonné les troisième et quatrième enquêtes EUROASPIRE, menées respectivement dans 22 et 24 pays européens, ainsi que l’enquête britannique de la British Cardiovascular Society, intitulée Aspire-2-Prevent, portant sur la prise en charge préventive des patients coronariens et des personnes à haut risque. Fin 2011, elle a achevé la coordination d’une deuxième étude EUROACTION intitulée « EUROACTION plus : sevrage tabagique intensif à la varénicline », qui a été mise en œuvre dans quatre pays, dont le Royaume-Uni.
Elle a obtenu une licence de français, puis a suivi une formation d’infirmière à l’hôpital Charing Cross de Londres. Elle s’est ensuite spécialisée dans les soins infirmiers cardiaques, puis dans la réadaptation cardiaque, où elle a dirigé un programme à l’hôpital Stoke Mandeville, dans le Buckinghamshire. Catriona est maître de conférences au sein du programme de master en cardiologie préventive de l’Imperial College, où elle anime des modules consacrés à la théorie et à la pratique de la cardiologie préventive, ainsi qu’au sevrage tabagique. Elle a soutenu une thèse de doctorat sur la concordance des facteurs de risque cardiovasculaires et la concordance des changements au sein des familles. Catriona a occupé des postes à responsabilité au sein d’associations professionnelles : elle a notamment été présidente de la British Association for Nursing in Cardiovascular Care, un groupe affilié à la British Cardiovascular Society, et elle est actuellement présidente du Conseil des soins infirmiers cardiovasculaires et des professions apparentées de la Société européenne.
Le Dr Aswathy est professeure de médecine communautaire à la faculté de médecine publique de Palakkad, au Kerala. Elle participe activement à la formation des étudiants en médecine de premier et deuxième cycles, notamment en les encadrant dans leurs travaux de recherche. Elle a joué un rôle déterminant dans la création d’un centre de formation en santé rurale dans une région côtière du Kerala, ainsi que dans le renforcement des capacités des diplômés en médecine à mener des interventions brèves visant à favoriser l’arrêt du tabac.
Le Dr Zatonska est directrice du département de médecine sociale de l'Université de médecine de Wrocław, en Pologne. Elle est maître de conférences et médecin en exercice à l'Université de médecine de Wrocław, où elle est spécialisée en diabétologie et en endocrinologie. Ses intérêts scientifiques portent sur la santé publique, les comportements à risque pour la santé, l'épidémiologie des maladies non transmissibles et la formation du personnel médical. Elle s'intéresse à la mise en œuvre des résultats de la recherche pour renforcer les capacités des autorités sanitaires locales et améliorer la formation du personnel médical.
Elle travaille actuellement sur l'étude PONS, intitulée « Mise en place d'une infrastructure pour une étude de santé de la population en Pologne », coordonnée par le Département d'épidémiologie et de prévention du cancer du Centre de cancérologie et de l'Institut d'oncologie de Varsovie, en Pologne, ainsi que sur l'étude PURE, intitulée « Étude épidémiologique prospective urbaine-rurale », menée par l'Institut de recherche en santé des populations de Hamilton, au Canada.
Bidyut est médecin (MBBS), spécialiste en santé publique (doctorat en médecine communautaire) et a suivi une formation en recherche en santé publique (doctorat en épidémiologie et santé publique à l’UCL de Londres). Il se consacre avec passion à l’identification d’interventions peu coûteuses et adaptables à grande échelle visant à aider les fumeurs adultes à arrêter de fumer. Il a mené en Inde un vaste essai randomisé en grappes auprès de fumeurs à faibles revenus, portant sur une intervention novatrice combinant des conseils pour arrêter de fumer et la pratique d'exercices de respiration yogiques, qui a donné des résultats positifs. Il est l'auteur de nombreuses publications dans des revues internationales à comité de lecture telles que *Addiction*, *Psychopharmacology*, *Asia-Pacific Journal of Cancer Prevention* et *Journal of Infectious Diseases*.
Il souhaite mettre à profit son expérience en matière de santé publique ainsi que les connaissances et compétences qu'il vient d'acquérir dans le domaine de la recherche cardiovasculaire afin de jouer un rôle de premier plan dans la réduction de la morbidité et de la mortalité liéesaux maladies cardiovasculairesen Inde et en Asie du Sud-Est.
Anindo est médecin (MBBS) et a suivi une formation postuniversitaire en santé publique et en soins de première ligne. Il a obtenu un diplôme de docteur en médecine (médecine communautaire) à l’All India Institute of Medical Sciences (AIIMS) de New Delhi, ainsi qu’un master en médecine (médecine familiale) au Christian Medical College (CMC) de Vellore. Il travaille actuellement au Centre for Chronic Disease Control (CCDC) de Gurgaon, en Inde, en tant que chercheur clinicien boursier, dans le cadre d’une bourse financée par la CDSA, du Département de biotechnologie du ministère des Sciences et de la Technologie du gouvernement indien. Au CCDC, il participe à des projets de collaboration internationale liés à la santé cardiovasculaire et aux feuilles de route sur les maladies cardiovasculaires, à la fois en tant que chercheur et coordinateur.
Après avoir obtenu son diplôme de troisième cycle, il a occupé pendant trois ans le poste de résident senior au sein du département de médecine préventive et sociale du JIPMER, à Pondichéry (un établissement d’importance nationale), où il a participé à l’enseignement et à la formation d’étudiants en médecine (MBBS), en santé publique (MPH) et en sciences (maîtrise en soins infirmiers communautaires), tout en les accompagnant dans leurs projets de recherche. Outre ses fonctions administratives, de gestion et de soins cliniques dispensés dans les centres de santé ruraux et urbains, il a participé activement à la mise en œuvre, au suivi et à la supervision de divers programmes de santé nationaux sur le terrain, en étroite collaboration avec les agents de santé communautaires. Il possède une expérience précieuse dans la planification et la conduite d’études de recherche au sein des communautés rurales et urbaines de Pondichéry (sud de l’Inde) et de l’Haryana (nord de l’Inde). À ce jour, il a publié 21 articles de recherche dans des revues internationales et nationales à comité de lecture, et a évalué des articles pour des revues internationales de renom. Ses principaux domaines de recherche portent sur l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies rentables pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles (principalement les maladies cardiométaboliques), ainsi que sur l’intégration des technologies de l’information dans le domaine de la santé et sur la santé des enfants et des adolescents.